ÉDITO. De la gestion indigéniste et néocolonialiste de l’Islam de France

À coups de « start-up nation » et de « nouveau monde », beaucoup pensaient que Macron allait révolutionner la société, ou du moins la vie politique française. Et c’est effectivement ce qui a été fait, au moins dans l’esprit, comme le symbolise le commentaire du président sur les « Gaulois réfractaires ».

Il est intéressant de constater, à notre niveau, que le seul sujet sur lequel le nouveau régime n’a pas voulu – ou pu, peu importe – réformer son approche est celui de l’islâm. Là, open bar : on recycle et parachute des bourgeois athées issus du benalisme le plus outrancier pour guider vers la lumière les banlieusards incultes et sectaires noyés dans les affres de l’obscurantisme, et on reste dans la droite ligne de la gestion néo-coloniale des trente dernières années – en pire.

Tout y passe, donc : « rapport-choc » digne des plus grandes heures de l’anthropologie coloniale où les indigènes les plus turbulents sont classifiés et disséqués (il ne manque que les mesures de leur boîte crânienne), parodie de « consultation » qui tourne en véritable farce, où les plus soumis, triés sur le volet, sont convoqués à la préfecture pour réciter le catéchisme du pouvoir, volonté de « taper au porte-monnaie » (rappelons-nous que l’idéologue est aussi banquier) et mise sous tutelle financière des musulmans et de leurs structures, extension de l’inquisition laïque à l’école à la maison, justice d’exception (affaire TR) si jamais quelques réfractaires n’avaient pas bien saisi l’idée, et j’en passe.

La loi de 1905 elle-même empêche une telle prise de contrôle direct du religieux par le politique ? Pas grave, on la contournera habilement, comme son application avait été suspendue, au bon vieux temps, dans les « départements algériens ». Au niveau culturel et idéologique, l’expansion illimitée et perpétuelle du domaine de l’islamisme (qui va désormais jusqu’à la simple consommation de viande halal) et l’injonction permanente aux « musulmans » de combattre les tenants de cet « islamisme » symbolisent la volonté ultime du pouvoir : l’apostasie de masse – volontaire, bien sûr, puisque nous sommes quand même dans la patrie des Droits de l’Homme…

Ainsi, au regard de cette « exception macronienne », il semble bien que le seul pilier inamovible et irréformable de la République soit sa politique (anti-)musulmane, prolongation de son ADN jacobin, tel un dogme sacro-saint qu’il serait impossible de remettre en question. À chacun d’en tirer désormais les conséquences quant à son avenir personnel et, surtout, familial…

Issâ AR-RÛMÎ
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"Ribât" est un blog consacré à l'histoire et l'actualité à la lumière de l'Islam

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