Restez connecté

Histoire

Abdullah Haron, l’imam mort en luttant contre le régime d’apartheid en Afrique du sud

La Rédaction D&M

Publié

le

imam Abdullah Haron

Le 29 septembre 1969, une foule impressionnante de 40 000 personnes assistait aux funérailles de l’une des figures emblématiques de la lutte contre le racisme d’Etat en Afrique du sud;  l’imam Abdullah Haron.

Deux jours auparavant, l’homme de 45 ans décède dans un centre de la police dans la ville du Cap après 123 jours d’isolement et d’interrogatoires quotidiens à propos de son militantisme anti-apartheid. L’imam Haron a été le premier religieux à mourir en détention sous ce régime. Le monde découvrait alors que même les hommes de foi n’étaient pas à l’abri d’un État suprématiste blanc de plus en plus répressif. L’Imam Haron était l’un des plus jeunes imams d’Afrique du Sud – il n’avait que 32 ans lorsqu’il fut nommé en 1955 imam de Masjid Al Jaamia au Cap.

Le fils de l’imam, Muhammed Haron, aujourd’hui professeur de théologie au Botswana, avait 12 ans lorsque son père est décédé. Il se souvient de son père comme d’un “homme profondément spirituel qui jeûnait deux fois par semaine depuis son adolescence”.

MILITANTISME, HAJJ ET ARRESTATION

En mai 1961, l’imam condamne lors d’une réunion publique le Group Areas Act, une des premières et principales lois d’Apartheid, instaurée le 27 avril 1950, une loi “inhumaine, barbare et non islamique” selon ses mots. Quatre ans plus tard, comme des millions d’autres Sud-Africains, l’imam et sa famille ont été forcés de quitter leur propre maison. A l’époque, la plupart des autres imams étaient trop effrayés pour condamner la répression, d’autres indifférents tandis que d’autres se contentaient de pratiquer leur culte à l’écart de la politique.

De 1966 et jusqu’à la fin de l’année 1968, l’imam se rendit en pèlerinage à La Mecque puis secrètement en Égypte pour rencontrer des exilés politiques et la Ligue Islamique Mondiale. Enfin , il se rend à Londres, où étudie sa fille aînée, Shamela. Il y rencontra également le chanoine John Collins de la cathédrale Saint-Paul, un prêtre anglican qui collectait des fonds pour les familles démunies de militants politiques tués, détenus ou contraints à l’exil.

L’imam et le prêtre ont noué une profonde amitié et Abdullah Haron a accepté d’entrer clandestinement et de distribuer de l’argent à son retour en Afrique du Sud. Mais au moment de son retour dans le pays en 1969, l’imam savait qu’il était en danger. Le 28 mai 1969, il fut arrêté par la police de l’apartheid et quatre mois plus tard, sa mort est annoncée.

Sa veuve âgée de 93 ans, Galiema Haron, est décédée dimanche 29 septembre 2019 soit 50 ans jour pour jour après les funérailles de son mari. Puisse Allah leur faire miséricorde.

Galiema Haron

via la BBC

Crédit photo 1

Crédit photo 2

Journal des Mosquées de France : Actualité | Islamophobie | Événements | Histoire | Chroniques | Éducation | Spiritualité

Les plus lus