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Histoire

Ces cinq femmes Andalouses qui ont marqué l’Histoire

La Rédaction D&M

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Femmes Andalus

Nombreuses sont les femmes qui ont laissé leurs empreintes dans l’Histoire de la civilisation islamique, par leur savoir et/ou leur pouvoir. Aujourd’hui, les Editions Ribât nous présentent cinq femmes Andalouses qui ont marqué l’Histoire

SARA AL-QÛTIYYA (LA GOTHE) – 2ème siècle de l’Hégire (8ème siècle grégorien)

Petite-fille de l’avant-dernier roi wisigoths d’Espagne et fille de l’un des princes qui ont pactisé avec les musulmans au moment de la conquête, elle se rend plus tard à Damas pour réclamer justice auprès du Calife en personne après avoir été spoliée par son oncle. Eblouie par le raffinement des la capitale des Omeyyades, elle y épouse aussi un noble arabe du Shâm ; son imposante descendance comptera un célèbre historien andalou, Ibn al-Qûtiyya (le fils de la Gothe). Très respectée et bien introduite au palais du “Faucon de Quraysh”, le premier émir omeyyade d’al-Andalus, ‘Abd ar-Rahmân 1er, qui la reçoit toujours avec affection, elle aura une certaine influence sur les affaires de cet Etat naissant.

LUBNA DE CORDOUE – 4ème siècle de l’Hégire (10ème siècle grégorien)

Affranchie issue d’un milieu très modeste, elle s’élève vite à la cour des omeyyades de Cordoue par son intelligence et ses compétences rares. Secrétaire personnelle du calife-savant al-Hakam II, elle supervise la tâche pharaonique de la constitution de la bibliothèque califale de Madînat az-Zahrâ en tant qu’experte en acquisitions littéraires. Copiste de grand talent et passionnée de mathématiques, elle reproduit, traduit, commente et annote elle-même de nombreux volumes de savants grecs antiques. Véritable génie de son temps et polymathe, parfois considérée comme la plus grande intellectuelle andalouse de l’ère omeyyade, elle excelle aussi dans la calligraphie, la grammaire et la poésie.

SUBH – 4ème siècle de l’Hégire (10ème siècle grégorien)

D’origine basque, entrée au palais de Madînat az-Zahrâ comme concubine du calife al-Hakam II, elle devient vite sa favorite en lui donnant un héritier – le futur Hishâm II – et s’impose comme la maîtresse du Harem et même, disent certains, du palais, exerçant une influence certaine sur l’administration et les affaires de l’Etat. Régente de son fils après la mort de son époux, c’est elle qui favorise l’ascension du célèbre Muhammad ibn Abî ‘Amîr – Almanzor. Frustrée que ce dernier l’ait doublée pour accaparer tout le pouvoir, elle se retourne contre lui et tente – sans succès – de monter une conspiration pour rétablir le statut de son fils, après l’échec de laquelle elle est exilée, jusqu’à sa mort dans un ribât reculé de province.

‘AISHA AL-HURRA (LA LIBRE) – 10ème siècle de l’Hégire (15ème siècle grégorien)

Fille, épouse et mère de sultan, cette princesse richissime et très influente à une influence majeure sur les dernières années de l’émirat nasride de Grenade grâce à son prestige considérable et à son énergie passionnée. C’est elle qui orchestre le coup de force qui renverse son époux indélicat au profit de son fils – le tristement célèbre “Boabdil”. C’est encore elle qui, alors que Grenade est assiégée par les Castillans, se fait l’âme de la résistance : dernière gardienne d’al-Andalus revenue de son passé d’intrigante, elle remue ciel et terre pour remobiliser le peuple. C’est enfin elle qui, selon la légende, aurait lancé à son fils abattu après la chute finale de Grenade : “Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme !”

SAYYIDA AL-HURRA (LA DAME LIBRE) – 11ème siècle de l’Hégire (16ème siècle grégorien)

Née au sein d’une grande famille arabe de Grenade, elle doit fuir son petit paradis andalou à 7 ans pour Chefchaouen, cité fondée par son père sur l’autre rive. Après avoir épousé le prince-gouverneur de Tétouan, elle lui succède à sa mort et s’impose comme l’égérie populaire des Andalous et de leur quête de revanche par de nombreux coups d’éclat et une détermination de fer. Terreur des Portugais, elle fait de Tétouan une puissante cité-Etat, l’un des QG de la guerre de course en Méditerranée et de la résistance à la Conquista, notamment en alliance avec Barberousse. Le destin romantique de cette jeune réfugiée devenue “reine des pirates” et icône de la résistance islamique ne cessera d’enflammer les imaginations !

Pour approfondir, nous vous conseillons ces deux magnifiques ouvrages des mêmes éditions : “Le roman des Andalous” et “Femmes d’Islâm” 

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