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Faire disparaître l’islam de l’espace public, une obsession française

La Rédaction D&M

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Faire disparaître l'islam de l'espace public, une obsession française

L’obsession de certains à vouloir faire disparaître l’Islam de l’espace public au lieu de l’ignorer est plus qu’inquiétante. Pour le « vivre ensemble », il est pourtant aussi facile de détourner le regard des femmes qui sont trop couvertes que de celles qui sont dénudées. Majoritaires aujourd’hui, les « obsédés » par l’Islam se démènent pour échafauder des lois d’exception – qu’ils voudraient rendre imprescriptibles – pour circonvenir la vitalité et la visibilité des Musulman(e)s. Ce qui est étonnant, c’est qu’ils n’aient pas encore modifié la déclaration universelle des droits de l’homme[1] – qui permet de manifester publiquement sa religion et ses convictions – pour exclure les Musulmans de ce droit fondamental, à l’instar des Romains envers les disciples du Christ il y a deux mille ans. Démocratie, mon œil, on ne peut que redouter les réactions de ces intolérants aux modifications de leur habitus lorsqu’ils seront minoritaires.

La plupart des « obsédés » par l’Islam sont « ennemis de ce qu’ils ignorent » et affolés à l’idée qu’ils pourraient subir demain ce qu’ils font endurer aux minorités aujourd’hui. Au siècle dernier, l’Islam était marginalisé, considéré comme une religion exotique, étrangère à la France. Puis il a été discrédité en dénaturant ses préceptes. Ensuite, certaines de ses spécificités (hijab, niqab) ont été désavouées, en évitant prudemment ce qui est commun à d’autres cultes, comme le port de la barbe ou l’abattage rituel. Aujourd’hui, on stigmatise les Musulmans littéralistes en les taxant de radicalisme. Les camps de concentration seront-ils la prochaine étape, comme pour les Ouïghours du Xinjiang en Chine, ou comme en quarante avec qui vous savez ? Tous les prétextes sont bons pour s’autoriser les mesures les plus arbitraires et les plus « radicales » afin d’éliminer ce qui menace la civilisation judéo-chrétienne.

L’attitude et le comportement des « obsédés » par l’Islam sont dictés exclusivement par leur égocentrisme et par rien de pragmatique ou de rationnel. Pourquoi les faits divers où sont impliqués de « nouveaux arrivants » auraient-ils plus de rapport avec leur religion de naissance que ceux perpétrés par des malfaiteurs d’origine différente réputés parfaitement intégrés ? Les prétextes invoqués d’invasion et de grand remplacement sont-ils crédibles quand la population supposée musulmane est estimée en gros à dix pour cent dans le pays ? Pas de compromis pour les xénophobes et autres islamophobes qui n’apprécient que ceux qui les singent, les faux musulmans, dévoyés, serviles et parfaitement domestiqués. Les plus virulents de ces chauvins ne sont que des revanchards frustrés d’avoir été dépossédés de ce qu’ils ont accaparé jadis dans les colonies et des déréglés qui ne supportent pas d’être vitupérés par des Textes Religieux.

Venons-en maintenant à ces médiocres et ces ratés qui renient leur religion pour des cacahuètes, par ambition personnelle, pour se donner de l’importance, pour passer dans les médias, pour gratter une nationalité française ou une légion d’honneur, à moins que ce ne soit par vice ou pour se venger de ceux qui les ont surpassés. Et ces recteurs, cheikhs, imams, prédicateurs autoproclamés, qui non seulement se satisfont d’un islam light (dénué de toute pratique pour certains) mais débinent les partisan(e)s d’authentiques enseignements islamiques, les considérant comme des reproches subliminaux à anéantir en priorité. Pour ces vendus dont l’absurdité égale la perfidie, il faut réformer l’Islam pour qu’il coïncide avec les défections et les renoncements humains. En particulier, il leur faut éradiquer cette fichue tradition religieuse du voile puisque ni leurs femmes ni leurs filles ni leurs mères ni leurs sœurs ne veulent se couvrir convenablement. « Mais ce que femme veut, si Dieu ne le veut pas, le diable du moins y aide. »[2]

Laurent Nuñez, Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Intérieur, quant à lui estime qu’«une radicalisation est une pratique de l’Islam qui semble dévoyée puisqu’elle considère que la loi de DIEU est supérieure à la loi de la République et en découle tout un tas de conséquences.» Si la loi de la république doit être considérée supérieure à celle de DIEU, on se demanderait presque s’il faut aussi se prosterner devant ces députés supra divins qui l’ont conçue ? Quand bien même ils sont contraints et forcés de respecter la législation élaborée par ceux qui nient l’existence ou l’omniscience de DIEU, les véritables croyants, de quelque religion qu’ils soient, s’octroieront toujours une liberté de conscience dictée par leur foi. À chacun son stimulus : la PMA/GPA pour les Chrétiens, le don du sang pour les Témoins de Jéhovah, le port de la kippa pour les Juifs ou du hijab pour les Musulmanes dans les écoles publiques ainsi que du niqab dans l’espace public, et la contraception, et l’avortement, et la polygamie, et le mariage homosexuel, et la peine de mort, et pourquoi pas l’assujettissement à l’impôt.

Daniel-Youssof Leclercq

[1] « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. » (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 – Art. 18).

[2] À travers l’Amérique, North America, États-Unis. (Olympe Audouard) Ed. Dentu, Paris, 1871, p. 235.

Crédit photo : © France 3 Loire

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