L'expatriation au Royaume-Uni

Culte musulman à Cannes : le manifeste du recteur de la mosquée « Al Madina Al Mounawara »

Nous diffusons l’appel du recteur de la Grande Mosquée de Cannes (Al Madina Al Mounawara) qui dénonce l’ingérence inadmissible de la municipalité dans le culte musulman notamment autour de la nouvelle mosquée du quartier La Bocca qui n’a jamais ouvert depuis la fin des travaux. Il lance un appel à la vigilance à trois mois des élections municipales. Ci-dessous le manifeste de Mr. Mustapha DALI.

VERITAS ODIUM PARIT, OBSEQUIUM AMICOS (La Vérité fait des ennemis, la flatterie des amis)

Les Fourberies de …

Nous citoyens musulmans croyons fermement qu’une société interculturelle est possible et qu’il faut non seulement le dire haut et fort mais l’exprimer dans les urnes à chaque fois que nécessaire.

En cette période où la campagne pour les élections municipales va prendre sa vitesse de croisière, il n’y aura aucun doute que le sentiment d’insécurité sera la thématique majeure exploitée par nos politiciens prisonniers qu’ils sont de la grande dépression économique et de la fragilité du tissu social qui se désagrège en France et à Cannes ; c’est pourquoi nous devons nous prémunir des situations provoquant des peurs stigmatisant notre communauté et suscitant des « préjugés antimusulmans ».

Il est indispensable aujourd’hui, voire vital pour nous, de construire un « vivre ensemble » harmonieux afin d’éviter demain l’implosion de notre société et des replis communautaires.

Nous avons dit depuis quelques années maintenant, que notre Mosquée « Al Madina Al Mounawara » était de toute évidence devenue trop exigüe pour accueillir tous ses fidèles cannoises et cannois de plus en plus nombreux et ceux des environs qui s’y rendent pour leur culte et nous appelions à son agrandissement et avions fait la proposition d’un projet magnifique à nos élus, projet qui serait à la hauteur de la réputation internationale de la ville de Cannes dès lors que celui de la Bocca commencé il y a 9 ans n’en finissait pas de voir le jour pour le désespoir des musulmans habitant à l’ouest de la commune.

Aujourd’hui, nous sommes à nouveau consternés non plus par la méthode très contestable de la municipalité dans la gestion de ce dossier, mais par la configuration et la nature suspecte des élections (internes) qui viennent de se dérouler et orchestrées dans cette affaire par notre adjoint en charge du culte ainsi que celui chargé par la justice d’en mener à bien la conclusion finale.

C’est ainsi que nous avons été stupéfaits de voir comment une association « Cultuelle Musulmane » qui fut tenue sous poumon artificiel pendant quatre ans par la volonté de Messieurs Brochand et Lisnard, association dont le destin vital ainsi que le cahier des charges étaient confiés aux soins d’un administrateur judicaire, Maitre HUERTAS, ait pu se donner en spectacle pour un simulacre d’élection mi-figue mi-raisin. Celle-ci a été annoncée par la presse et soudainement de toute part, arrivèrent des membres fantômes, réapparaissant afin « d’élire » les futurs candidats au conseil d’administration de la moribonde AMBC.

Comment croire sans être dubitatifs et sans passer pour ridicules, que la solution choisie n’est pas un montage truqué orchestré par des mains expertes et de toute façon destinée à une population crédule et malléable à merci ? Comment accepter que l’ouverture de cette nouvelle mosquée puisse être suspendue à cette mascarade, cette bouffonnerie d’élection d’un nouveau Conseil d’Administration dont la liste était déjà fixée par avance ?

Cette élection mise en scène au Théâtre de la Licorne le 3 décembre 2013 par Maître HUERTAS et consorts, lequel fut nommé en 2010 par un juge du TGI et autour de lui pour jouer la pièce pour une seule et unique représentation, une équipe d’acteurs et de techniciens présents pour la circonstance et dont le rôle est de se substituer à l’association AMBC « tel le sphinx qui renaît de ses cendres », le tout bien encadré par nos R.G. et la police municipale.

Il s’agissait surtout pour notre bienveillante municipalité de n’accepter comme spectateurs et figurants que des « adhérents qui ne posent pas problème» ceux-ci devant au préalable régler leur billet d’entrée correspondant aux quatre années d’une cotisation qu’ils n’avaient par ailleurs jamais honoré.

Quant aux prétendants membres au futur CA, ayant été préalablement choisis sur une liste triée avant le lever de rideau, ils se montrèrent discrets et laissèrent la direction des opérations se faire par les représentants de la Loi et consorts. Certains premiers rôles seront bien entendu cooptés d’autorité et propulsés sur le devant de la scène, ainsi celui annoncé pour le futur poste de Directeur de cette mosquée.

Il sera incarné par un inconnu de la communauté pratiquante dont la compétence et un minimum de science religieuse importent peu ici puisqu’il est déjà imposé par le sérail local et connu comme l’un des courtisans les plus en vue parmi les supplétifs et, comme par hasard, très proche de Monsieur LISNARD prétendant à la Mairie de Cannes.

Les musulmans sont-ils à ce point dupes ou aveugles pour ne pas voir cette fois encore, derrière ces élections ubuesques de l’AMBC, des calculs bassement électoralistes ? Nos politiciens connaissant notre propension à devenir dans certaines situations des marionnettes bien sages, n’hésitent pas à nous manœuvrer comme il se doit pour « notre intérêt ».

Si l’ouverture officielle de cette mosquée arrive à point nommé pendant la campagne pour les municipales, elle va certes soulager beaucoup de monde qui piaffait d’impatience, mais ne soyons pas trop naïfs, elle ne réglera en vérité qu’une partie des problèmes pour l’exercice du culte que connait notre communauté qui, démographiquement parlant, a plus que doublé en dix ans.

Au final, fait rarissime en France, c’est bien à Monsieur l’administrateur judiciaire qu’il faudrait rendre hommage ! Il fut d’abord chargé d’achever les travaux de cette Mosquée à notre place, puis de contrôler les disfonctionnements de l’association AMBC en la mettant sous perfusion afin qu’elle reste conforme aux dispositions du bail emphytéotique voté étrangement à l’unanimité en conseil municipal en 2005, et enfin nous sauver de la noyade collective et de la catastrophe générale. Quel aveu d’impuissance et d’incapacité dont aura fait preuve une fois de plus notre communauté par son incapacité à s’organiser en toute indépendance, à se choisir des dirigeants honnêtes, compétents et professionnels, à enfin cesser d’avoir une attitude désespérément servile et sujette surtout à la division et à la victimisation permanente !

Bien que le dénouement final semble être proche- si Dieu le veut- peut-être sous de bonnes augures malgré la nébulosité des faits et la distorsion faite à la Laïcité, l’histoire de cette mosquée n’en finira pas de susciter bien des interrogations, des mystères qui risquent d’hypothéquer son avenir. Faut-il aussi que les musulmans et musulmanes exaspérés d’êtres mis sous tutelle pour la gestion de leur culte, cessent de se présenter comme incapables d’émancipation et de maturité ?

En nous exprimant sur ce sujet, nous voulons défendre la vérité et dénoncer une fois encore l’instrumentalisation de la communauté musulmane trop naïve et maniable jusqu’au bout par nos politiciens et comme la municipalité cannoise ne faisant pas exception sur ce dossier, nous prenons consciemment le risque de nous voir accuser d’être des troublions frustrés, malveillants et assoiffés de pouvoir ou de vengeance, ou que dire encore ! Qu’importe, nous devons bien cela à la vérité après plus de sept ans de silence !

Nous n’avons cessé de dire à chaque fois que notre préoccupation majeure depuis toujours était de proposer une politique pragmatique pour un Islam indépendant et transparent, ouvert et apaisé, conforme aux principes de la Loi de 1905, bien intégré dans le tissu social de la ville et surtout qui tienne compte des réalités locales afin de veiller avec le plus grand soin à la paix sociale et à la promotion du Vivre Ensemble.

Notre attitude depuis toujours ne souffre d’aucune contestation quelques soient les fausses rumeurs et les allégations mensongères répandues à notre sujet. Qu’importe si, pour être un homme de principe et pour défendre la vérité, il faut en passer par là. Nous savons hélas que nos appels n’ont trouvés et ne trouveront aucun écho auprès de la municipalité actuelle, engluée comme elle l’est dans des calculs électoralistes, celle-ci préférant le mépris et les manœuvres au dialogue sérieux et responsable, allant dans le sens de l’intérêt général et de la Paix sociale.

Les deux Mosquées de Cannes et de la Bocca, dans les mois à venir, ne suffiront pas aux besoins de la population musulmane locale. D’autant que dans les autres communes rien ne se fait. Certes elles rempliront du mieux que possible leur fonction et leur devoir d’accueil de nos fidèles concitoyens dans des conditions de sécurité et d’hygiène, tout en respectant faut-il le rappeler : la Loi.

C’est pourquoi nous appelons tous les citoyens musulmans à rester vigilants et à ne pas se laisser duper et charmer par le chant de sirènes des candidats au fauteuil de Maire, mais à unir leur voix pour leur propre intérêt d’abord, puis en force pour peser dans les prochaines élections municipales sur toutes décisions politiques qui iraient à l’encontre du bien commun et à l’intégration de notre communauté dans la Cité et l’espace républicain.

Mustapha DALI

Recteur de la Mosquée de Cannes « Al Madina Al Mounawara »

A propos de l'auteur

La Rédaction D&M
La Rédaction D&M
Journal des Mosquées de France : Actualité | #Islamophobie | Événements | Histoire | Chroniques | Éducation | Spiritualité

Soyez le premier à réagir à cet article "Culte musulman à Cannes : le manifeste du recteur de la mosquée « Al Madina Al Mounawara »"

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*