Les “bimaristans”, ces hôpitaux de l’âge d’or de l’islam inspirés du modèle prophétique

Bilal Muezzin
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Parmi les grands bienfaits que connut la Oumma sous la shari’a : un système hospitalier de type moderne et ouvert à tous, fondé sur l’obligation islamique de soigner le malade, quelque soit son statut financier, et inspiré par le modèle prophétique.

Ainsi, dès la fin du 2ème siècle de l’Hégire, probablement sous le califat d’Harûn ar-Rashid, de véritables complexes hospitaliers, les “bimaristans” (terme issu du perse), virent le jour : à Bagdad d’abord, puis au Caire et à Fustat sous l’ère des Tulunides, à Damas, et, très tôt également, à Kairouan, la Mecque, Medine et en Perse, ainsi qu’en Anatolie dès le début de l’ère ottomane. On rapporte même qu’à Bagdad, un vizir avait mis en place un service médical quotidien en prison et des tournées de médecins, accompagnées de dispensaires ambulants, dans les villages d’Irak.

Bimaristan argun

On est étonné par la modernité de ces bimaristans : ouverts à tous, hommes, femmes, enfants, riches ou pauvres, musulmans comme dhimmis, ils étaient à la fois des centres de traitement médical, des asiles, des centres de ré-éducation pour les accidentés, et même des maisons d’accueil pour les personnes âgées et infirmes sans famille proche. Composés de grands halls ornés de fontaines (“iwan”), dont un réservé aux femmes, un pour la chirurgie & d’autres pour les maladies contagieuses, ils incluaient généralement des bains, des cuisines, des aires de stockage, une pharmacie, une librairie, des logements pour le personnel & les malades; et employaient médecins, pharmaciens, gardiens, infirmiers, administrateurs. L’hôpital de ‘Adhud ad-Dawla à Bagdad, par exemple, comptait 25 praticiens, chirurgiens & même ophtalmologues, au 4ème siècle de l’Hégire. Comme dans les CHU actuels, les étudiants en médecine se formaient en tant qu’apprentis dans ces hôpitaux.

Le budget de ces structures impressionnantes, forcément conséquent (le budget de l’hôpital Mansuri du Caire était, par exemple, le plus important de toutes les institutions du pays), était financé par le revenu des waqf, ces propriétés attribuées par les califes, sultans, gouverneurs ou simples riches philanthropes à des œuvres d’utilité publique. Ce système permettait ainsi d’assurer la maintenance de l’hôpital, les soldes du personnel, et parfois même de petites bourses pour les malades, tout en maintenant la gratuité des soins.

Ribât


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Bilal Muezzin
Issâ AR-RÛMÎ
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