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21 juillet 1921 : la glorieuse bataille d’Anoual

Ce 21 juillet 2017 marquera le 96ème anniversaire de la bataille d’Anoual qui opposa un contingent militaire espagnol à l’armée rifaine de Mohamed ben Abdelkrim el-Khattabi dans la région de Temsamane.

Ce jour-là, 3 000 combattants rifains armés de fusils rudimentaires fondent sur les 60 000 soldats espagnols, les contraignant à battre en retraite. Les troupes d’occupation furent littéralement écrasées : entre 15 000 et 20 000 soldats du contingent y trouvèrent la mort. Sept cents autres furent faits prisonniers. Le général Manuel Fernández Silvestre chargé de commander cette force se suicide le jour même.

Les guerriers d’Abdelkrim récupèrent le matériel abandonné par les troupes espagnoles en retraite soit : 20 000 fusils, 400 mitrailleuses, 200 canons de calibres différents, un stock important d’obus et des millions de cartouches, des camions, des approvisionnements en vivres, des médicaments et du matériel médical ainsi que 2 avions. De quoi continuer les combats contre les troupes espagnoles.

Celles-ci paniquées, abandonnèrent leurs positions en fuyant vers Melilla (enclave espagnole occupée depuis 1497). Dans leur fuite, les soldats commandés par un nouveau général (Navarro) furent poursuivis jusqu’au Fort de Monte Arruit à 30 km de Melilla où ils furent assiégés par les hommes d’Abdelkrim. Désormais, toutes les voies de ravitaillement en armes et nourritures sont verrouillées. Ce sont 3 000 soldats qui sont assiégés, affamés et assoiffés (avec seulement 23 sacs de riz et 100 litres d’huile). Certaines sources rapportent que les soldats espagnols buvaient leurs urines. Ils ont fini par capituler et le 9 août 1921. Malgré les consignes d’Abdelkrim, ses combattants n’ont pas pu se retenir pour venger ceux qui ont attaqué leurs terres. Plus de 2 000 soldats espagnols sont massacrés. Leur cadavres putréfiés furent restés dans le fort pendant plusieurs mois.

Les combattants rifains poursuivirent leur avancée jusqu’aux portes de Melilla. Mais, ordre est donné par Abdelkrim de ne pas prendre d’assaut l’enclave.

« A l’issue de la bataille du Mont Arruit, raconte Abdelkrim, j’étais parvenu sous les murs de Melilla. La prudence s’imposait. Avec la dernière énergie, je recommandais à mes troupes de ne point massacrer ni maltraiter les prisonniers. Mais je leur recommandais aussi énergiquement, de ne pas occuper Melilla, pour ne pas créer des complications internationales. De cela, je me repens amèrement. Ce fut ma grosse erreur. Oui, nous avons commis la plus lourde faute en n’occupant pas Melilla ! Nous pouvions le faire sans difficulté. J’ai manqué ce jour là de clairvoyance politique nécessaire. Et à plus ou moins longue échéance, tout ce qui a suivi, a été la conséquence de cette erreur ».

LA RÉPUBLIQUE DU RIF

La victoire d’Abdelkrim à Anoual (appelée par les espagnols le « désastre d’Anoual ») fut le précurseur de la fondation de la République du Rif proclamée le 1 février 1922 après que l’Émir ait fédéré la multitude des tribus composant le Rif sous une seule bannière. Une monnaie est créée (Riffan), un gouvernement s’est constitué, des institutions commencèrent à s’implanter. L’armée d’Abdelkrim continue de gagner du terrain et se dirige maintenant vers la partie du Maroc occupée par la France. Des attaques furent lancées du côté de Fès.

Pour mettre fin à la République du Rif, une triple coalition (sultano-franco-espagnole) se forma dès l’été 1925. Au total, ce sont plus de 400 000 soldats qui font face aux 75 000 hommes d’Abdelkrim. Pour mater définitivement le soulèvement des rifains, la coalition utilise les armes chimiques. Ainsi, civils et militaires furent massivement gazés, bombardés au gaz moutarde, phosgène, diphosgène et au chloropicrine. En parallèle, la flotte espagnole débarque à Al-Hoceima le 8 septembre 1925. Pour limiter les dégâts au sein des civils, Abdelkrim décide de se rendre. Ce fut le 27 mai 1926.

Abdelkrim est exilé à La Réunion, transféré en France durant l’année 1947, il parvient à s’échapper en Égypte durant le trajet, où il décède en 1963. Il est enterré au Caire, loin de sa ville natale, Ajdir.

Le 14 juillet 1926, la France du Cartel des Gauches rassemble sous l’Arc de Triomphe la coalition improbable des vainqueurs de la guerre du Rif : un superbe cliché, où semble tenir toute l’histoire de la IIIe République coloniale, immortalise Aristide Briand, président du Conseil, entouré d’Édouard Herriot, Paul Doumergue et Philippe Pétain, du dictateur espagnol Primo de Rivera et du sultan du Maroc Moulay Youssef. Et ce quelques mois après le gazage d’une partie de la population marocaine par ces mêmes colons…

Puisse Allah (سبحانه وتعالى) accorder Sa miséricorde à Abdelkrim et ses hommes tombés martyrs.

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La Rédaction D&M
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