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Le maire sortant de Nancy veut l’interdiction du voile dans les sorties scolaires

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L’agression d’une femme voilée par un élu d’extrême droite au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté en octobre 2019 a fait resurgir en France un énième débat sur la question voile des femmes musulmanes. Pendant des semaines, pseudo experts, journalistes militants et élus de tout bord se sont succédés dans les médias pour demander son interdiction dans les sorties scolaires une fois pour toute “afin d’éviter ce type d’incident”, provoqué non pas par les marchands de haine du parti de Marine Le Pen mais par les victimes que l’on soupçonne de pratiquer un “islam politique” ou “prosélyte”.

C’est le cas du maire sortant de Nancy et président du Mouvement Radical Laurent Hénart pour qui cette affaire prouve que “les activistes prosélytes sont sortis des salles de prières”. Voici quelques extraits d’une tribune publié dans le JDD le 19 octobre 2019 :

“Depuis vingt ans, chacun en convient, l’intégrisme islamiste s’est attaqué à la République, avec la sinistre particularité de nourrir des actions terroristes meurtrières. Sa violence a fait resurgir la grande question laïque dans la France contemporaine. Mais pour des raisons que je peine à m’expliquer, on continue de croire que ce discours de haine prospère principalement au sein des lieux de culte et que c’est ici que le législateur doit intervenir. En réalité, il y a belle lurette que les activistes prosélytes sont sortis des salles de prières, et cette affaire du conseil régional de Bourgogne–Franche-Comté nous le prouve une fois encore.”

Selon lui, la question des signes religieux des accompagnateurs scolaires doit être rapidement tranchée. Pour faire vite, il propose à Emmanuel Macron de passer par un décret ou un nouvel article dans la loi de 2004 afin d’interdire les signes religieux ostentatoires pour les accompagnateurs de sorties scolaires.

Pour ce partisan d’une laïcité intransigeante et non ouverte, “la manœuvre islamiste s’est développée d’abord vers l’école publique, qu’ils ont échoué à déstabiliser. La loi de 2004 a réaffirmé la laïcité dans les établissements scolaires, et un simple article additionnel permettrait ces jours-ci de l’élargir à l’ensemble du temps scolaire, pour couper court à toute confusion. Elle s’est alors reportée sur l’infiltration du monde associatif, les clubs sportifs, l’éducation populaire, l’action sociale, les centres culturels, les écoles privées hors contrat.”

En 2016 en plein débat sur le burkini, il s’était prononcé en faveur des arrêtés pris par certains maires pour interdire cette tenue.

Arrivé en deuxième position lors du premier tour avec 34,7% des voix, il affrontera Mathieu Klein (37,88%) dimanche prochain. Depuis le déconfinement, Laurent Hénart a rencontré une partie de ses administrés musulmans à au moins deux reprises. Il s’est d’abord rendu le 24 mai dans une mosquée en construction pour “présenter ses vœux” à l’occasion de Aïd El Fitr, et puis le 14 juin, il était également présent à un barbecue organisé par l’association qui construit la grande mosquée de Nancy.

Contactée, la mosquée nous assure de sa neutralité vis-à-vis des deux candidats présents dimanche au 2ème tour. D’ailleurs, l’autre candidat a lui aussi visité le chantier de la mosquée il y a quelques jours. Son président nous indique avoir demandé des explications au maire sortant suite à ses sorties médiatiques de l’automne dernier dans lesquelles, il demandait l’interdiction du voile dans les sorties scolaires.

Crédit photo : ici-c-Nancy.fr (capture d’écran YouTube)

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