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“Annour”, la plus ancienne mosquée de Mulhouse

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D&M vous emmène en ce début du Ramadan au sud de l’Alsace, à Mulhouse. Une ville de 112.000 habitants où la communauté musulmane constitue plus d’un tiers de la population. Une présence ancrée qui date de bien avant les vagues d’immigration des années 1970. Elle remonte en réalité à plus d’un siècle. Reportage.

UNE PRÉSENCE ANCIENNE

De nombreux soldats originaires d’Afrique du Nord ont combattu et sont morts en Alsace en 1870 lors de la guerre franco-allemande ainsi que lors des deux guerres mondiales, contribuant ainsi à la libération de l’Alsace et de la France. La présence des tombes de ces soldats musulmans en Alsace est le témoin vivant de cette participation efficace.

Tombes de soldats musulmans morts pour la France, Sigolsheim

Certaines rues de Mulhouse sont là pour nous rappeler l’engagement de ces unités venues d’Afrique du nord libérer la France du joug nazi : rue de la 4ème Division Marocaine de Montagne (qui participa à la défense et la libération de Mulhouse et des villes voisines en 1944), rue du 6ème Régiment des Tirailleurs Marocains, avenue de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale …Etc.

LA MOSQUÉE AN-NOUR, LA PREMIÈRE DE MULHOUSE

Dans les années 70 avec l’arrivée de nouveaux immigrés venus travailler dans cette ville industrielle, le besoin en lieu de culte se faisait de plus en plus ressentir. Ainsi, en 1971, et avec le soutien des responsables de la paroisse Jeanne d’Arc, une première salle de prière a été ouverte au sein même des locaux de l’église catholique pour leur permettre de pratiquer leur culte. En 1973, naît l’Association des Musulmans d’Alsace (AMAL).

10 ans plus tard en 1983, grâce à l’initiative et l’action de jeunes médecins de confession musulmane, va voir le jour à Mulhouse la première mosquée, rue Neppert, portée par cette même association. Un ancien entrepôt de 800 m² réaménagé en mosquée afin de répondre aux nouveaux besoins des fidèles. D’autres mosquées ou salles de prières existent dans la cité du Bollwerk, on en compte pas moins de 12 au total.

LE CENTRE AN-NOUR, UN PROJET AMBITIEUX

À la fin des années 1990, avec une croissance accrue de la pratique chez les jeunes et une hausse de la population musulmane, les locaux de l’association ne répondent plus aux besoins de la communauté, de par leur configuration et leur superficie. Les responsables de l’association, soutenus par l’ensemble des fidèles et les autorités locales, décident de franchir une nouvelle étape : acquérir une mosquée digne de ce nom, intégrant un centre culturel qui permettrait enfin de proposer des activités éducatives et culturelles riches et variées.

La première pierre du centre fut posée en 2007. Trois ans plus tard, le chantier démarre. Aujourd’hui les travaux avancent à grand pas rue d’Illzach. Le chantier se distingue nettement au niveau de l’entrée principale de la ville.

Un projet ambitieux qui sera à terme l’un des plus grands centres islamiques de France. Avec une architecture respectant à la fois tradition et modernité, le centre se veut aussi un lieu d’éducation (avec 11 salles de classe, une ludothèque, une salle informatique et des bureaux), un espace culturel (avec une salle polyvalente, des espaces d’exposition et une salle de réception), un espace santé et bien–être (avec une piscine, une salle de sport, un sauna, un hammam et un jacuzzi) et enfin des espaces commerciaux (Waqf) qui permettront de financer les charges du centre. L’espace dédié au culte d’une surface totale de 1.360 m² pourra accueillir plus de 2.300 fidèles.

LES ACTIVITÉS DE LA MOSQUÉE

Elles sont riches et variées (dialogue interreligieux, enseignement, soutien scolaire, formation et éducation, culture). L’institut Espoir qui dépend de l’association AMAL dispense des cours du Saint Coran et de langue arabe aux enfants comme aux adultes. En 2013, ce sont deux jeunes de la mosquée An-Nour qui ont remporté le concours national de mémorisation du Saint Coran. Un enseignement de qualité qui s’explique par la proximité de la mosquée avec d’éminents professeurs enseignant à l’IESH de Château-Chinon (Institut Européen des Sciences Humaines).

Cheikh Suleymane, lauréat du concours 2013 est enseignant à l’Institut Espoir. Il nous explique son parcours.

L’association est également impliquée dans l’assistance aux malades et à leurs familles. L’imam de la mosquée Cheikh M’barek Oumhamdi est d’ailleurs aumônier à l’hôpital Emile Muller. Nous avons sollicité l’imam pour une interview, mais faute de temps, il s’est excusé auprès de nous. (retrouvez le détail de son activité d’aumônier ici).

La Rédaction

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