Le christianisme, religion de Jésus ?

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Durant les 3 siècles ayant suivi le décès d’Issa ibn Maryam (Jésus), ceux qui avaient cru en son message se divisèrent en une multitude de sectes, toutes se disputant sur la nature du personnage. Constantin 1er, empereur des Romains, tenta d’y mettre un terme en un Concile de Nicée, en Turquie, en 325.

C’est après cet épisode que l’idée d’un Jésus, fils engendré de Dieu, devint norme. L’idée d’un Jésus non engendré devint elle, une hérésie passible de mort. Le “takfir” christique se démocratisa en parallèle. C’est après cela aussi, que le dimanche devint jour de repos et que l’on imposa la consommation de porc, afin de rompre avec le judaïsme et repérer ceux des Juifs qui refusaient de se convertir. Le jeûne fut codifié ainsi que la prière, et le célibat, imposé aux prêtres.

Jérusalem devient dès lors interdite aux Juifs et tout païen refusant la conversion devait être mis à mort. Pour une meilleure insertion dans une Europe encore païenne, on adapta la religion de Jésus aux rites et coutumes des Romains et descendants de Celtes. Statues, idoles, icônes et fêtes vouées aux astres et cultes aux morts s’y étaient greffés en seulement quelques décennies.

Le Texte, se latinisant, prit des éléments de la pensée grecque, se complexifia à outrance, et l’on perdit les traces des textes originels. Moins accessible aux masses, le message du Christ fut définitivement kidnappé par les élites lettrées cloîtrées dans leurs lieux de cultes. La plupart des récits de l’époque des apôtres furent pêle-mêle évincés au profit des évangiles connus.

Devenue religion d’Etat, le christianisme fut dès lors pris en tenaille entre l’empereur et l’Eglise, créant de fait, deux pouvoirs concurrents et cette dichotomie qui allait forger le futur de l’Occident : l’opposition entre laïcs et religieux.

Sarrazins

Renaud KLINGLER
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