Arabie Saoudite : la longue liste des imams et prédicateurs derrière les barreaux

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Depuis un an maintenant la machine répressive tourne à plein régime en Arabie Saoudite. Le désormais ex « royaume ultraconservateur » est tenu sans partage d’une main de fer par le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Hier devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, le président américain Donald Trump a cité l’Arabie Saoudite en exemple pour ses « réformes audacieuses ». Ces réformes visant à libéraliser la société saoudienne s’accompagnent d’une répression féroce ciblant de potentiels opposants au projet diabolique de MBS, l’Attaturk d’Arabie.

Des hommes mais aussi des femmes, des savants influents (comme SalmAn al-Awdah entre autres), des prédicateurs, des imams, des journalistes, des économistes, des auteurs, des poètes, des avocats, des professeurs … C’est purge sans précédent qui se déroule près des Lieux Saints. Pas un jour qui passe sans que de nouvelles arrestations soient révélées. L’imam de la Grande Mosquée de la Mecque n’y a pas échappé. Fin août, cheikh Saleh al-Talib a été arrêté suite à un prêche dans lequel il faisait part du devoir en Islam de dénoncer en public les pêchés ainsi que «ceux qui les commettent». Il aurait alors fait allusion aux rassemblements mixtes que les autorités saoudiennes ont autorisé ces derniers temps. D’autres ont été interdits de prêche ou d’apparition dans les médias.

TORTURE ET PROCÈS EXPRESS

Selon le compte twitter « prisonniers de conscience » qui rapporte ces arrestations arbitraires, plus de 2700 personnes ont été arrêtées depuis septembre 2017. « Certains de ces prisonniers de consciences ont été soumis à la torture physique, frappés, torturés à l’électricité et suspendus par les mains pendant des heures », dénonce-t-il. Ces derniers jours, l’état de santé du célèbre savant Safar Al-Hawali s’est nettement détérioré et a même été transporté d’urgence à l’hôpital. Ces dernières semaines, des procès express ont été tenus. Le procureur a même réclamé la peine capitale pour plusieurs savants dont Salman al-Awdah.

En août dernier, un autre prisonnier est décédé. Un décès que les militans des droits de l’homme amputent aux autorités, accusées de l’avoir torturé à mort dans une prison dépendant directement du palais royal. Sulayman al-Dweesh a été arrêté en avril 2016 pour des teweets.

En octobre 2017, le ministre saoudien des affaires étrangères, Adel Al-Joubeir avait affirmé à Moscou devant des journalistes que «des milliers d’imams ont été démis de leurs fonctions pour extrémisme», «nous ne pouvons tolérer la propagation de la haine, ni financer l’idéologie qui l’alimente». disait-il.

D’autres prédicateurs croupissent dans les prisons du « royaume du Tawhid » depuis des années comme Khalid Al-Rashed condamné à 15 ans en 2005 pour avoir réclamé l’interruption des relations diplomatiques avec le Danemark à la suite des caricatures islamophobes d’un journal danois. Sulaiman Al-Alwan est quant à lui emprisonné depuis 2004.

Imams et predicateurs en prison en Arabie Saoudite

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