Le drame du Cachemire

Le calvaire de la petite Asifa, 8 ans, enlevée, violée et assassinée dans un temple hindou, vient nous rappeler dans toute son horreur la situation du Cachemire occupé, l’un de ces drames oubliés de la Oumma.

Plus vieux encore que celui de la Palestine, il trouve sa source, comme pour les Rohingyas, dans les soubresauts de l’indépendance des Indes britanniques : région à large majorité musulmane (77%) depuis l’action déterminée d’oulémas perses au 14ème siècle, le Cachemire se retrouve, dans des circonstances troubles accompagnées du massacre d’une centaine de milliers d’habitants, du mauvais côté lors de la partition entre l’Inde (hindoue) et le Pakistan (musulman) de 1947. Sous l’ère de la colonisation britannique, l’occupant avait en effet conféré l’administration de la province à une petite élite hindoue qui maintenait les paysans musulmans dans l’ignorance et la pauvreté la plus crasse – et avait même organisé une famine qui avait emporté plus de la moitié de la population à la fin du 19ème siècle…

Cachemire

Depuis, le Cachemire vit une situation d’insurrection quasi-permanente, agrémentée de trois guerres indo-pakistanaises, à laquelle l’Inde répond par l’usage de la force la plus brute. La région compte ainsi un soldat indien pour sept habitants, ce qui en fait l’occupation militaire la plus omniprésente du monde. Depuis 1989, les chiffres des exactions de l’armée indienne sont particulièrement effarants : 94.589 meurtres dont 7074 en détention, 139.219 arrestations, 107.702 bâtiments détruits, 10.808 viols collectifs. Les crimes des forces hindoues et de leurs supplétifs barbares n’ont rien à envier à ceux de Tsahal ou des milices assadiennes : massacres de masse, mitraillage d’ambulances, enlèvements et disparitions forcées, répression à balles réelles des manifestations, maisons des rebelles brûlées ou rasées à l’explosif et au bulldozer. Connu comme le pays des « demi-veuves », le Cachemire compte près de 22.000 femmes qui n’ont aucune nouvelle de leurs maris depuis des années, ne sachant s’ils ont été tués ou sont encore emprisonnés.

La résistance des Cachemiris n’a néanmoins pas faibli et prend des formes inattendues; ainsi, les vaches de la région ont été recouvertes de drapeaux pakistanais suite à la menace de l’armée indienne de tuer quiconque porterait les couleurs de l’État voisin… Quoi qu’il en soit, les émeutes se succèdent toujours presque quotidiennement, tandis que des résistants se retranchent régulièrement pour défier l’armée d’occupation et que leurs salât al-janâza doivent être répétées plusieurs fois face à l’afflux de fidèles venus leur rendre hommage… Souvent armés de simples pierres face aux blindés de l’occupant, les Cachemiris plient mais ne rompent pas. Il en va de leur survie même.

Ribât

Issâ AR-RÛMÎ
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