L'expatriation au Royaume-Uni

Tombouctou, la perle du désert

Cité fondée sur l’islâm, Tombouctou fait sans conteste partie de ces métropoles qui ont inscrit leur contribution en lettres d’or dans l’Histoire de la Ummah. Grand centre de commerce transsaharien, la ville va en effet devenir, pendant plusieurs siècles, sous le règne de l’Empire du Mali puis de l’Empire Songhaï, un des plus grands centres du savoir islamique – une cité universitaire fondée sur la science et le livre, réputée à travers tout le monde musulman.

Dès le 12ème siècle, sous l’impulsion des savants musulmans du Ghana chassés par la chute de leur empire, une “université” islamique originale se développe à Tombouctou, autour de l’étude du Coran et des sciences islamiques, mais aussi de la médecine, de l’astronomie, des mathématiques, de la chimie, de la géographie, de l’histoire, de l’art… Les campus de la madrasah Sankore, bâtie par les Berbères Sanhaja, sont les plus réputés, aux côtés de la mosquée Djinguereber, construite par le fameux roi Moussa 1er au 14ème siècle, et de la madrasah Sidi Yahya, du nom d’un imâm et professeur andalou.

Ainsi, au sommet de son âge d’or, la ville compte plus de 25 000 étudiants sur 100 000 habitants. L’activité commerciale de la ville permet également un grand afflux de livres : les aller-retour permanents de commerçants venus de tout le monde islamique permettent à l’université de Tombouctou d’accumuler un nombre considérable d’ouvrages, sans parler de la production locale qui fait l’objet d’un véritable business model. Des bibliothèques et librairies privées fleurissent à tous les coins de rues, et la madrassa Sankoré possède alors la plus grande collection de livres en Afrique depuis celle d’Alexandrie, avec une bibliothèque impressionnante d’environ 700 000 ouvrages.

L’organisation de l’université de Tombouctou est particulière : décentralisée et composée de plusieurs collèges entièrement indépendants, chacun dirigé par un seul sheykh, chaque étudiant y choisit ainsi son enseignant et les cours sont donnés dans la cour des mosquées ou dans des résidences privées. Le curriculum des différentes madrasas était relativement uniforme et comprenait 4 niveaux, à la fin desquels l’étudiant recevait un turban symbolisant son diplôme, pour chaque niveau acquis : d’abord, l’école coranique (mémorisation du Coran et mastère en arabe), puis les études générales (sciences basiques : grammaire, maths, géographie, histoire, physique, introduction au commerce d’un côté, fiqh et hadith de l’autre), suivies du degré supérieur (spécialisation, recherche, débats), et enfin du niveau ultime, celui de juge ou professeur, pour les meilleurs étudiants, qui se rendaient ensuite dans toute l’Afrique de l’Ouest pour y enseigner ou y occuper de hautes fonctions…

C’est ainsi que Tombouctou, la perle du désert, contribuera grandement à l’islamisation de cette région. La conquête saadienne, en 1591, viendra mettre fin à cet âge d’or.

Ribât

A propos de l'auteur

Issâ AR-RÛMÎ
Issâ AR-RÛMÎ

“Ribât” est un blog consacré à l’histoire et l’actualité à la lumière de l’Islam

Soyez le premier à réagir à cet article "Tombouctou, la perle du désert"

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.


*