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Le 17 octobre 1448, les deux batailles du Kosovo

Le 17 octobre 1448, les armées du sultan ottoman Murad II écrasaient la coalition croisée réunie dans la plaine du Kosovo autour du régent de Hongrie, Jean Hunyadi, et à laquelle participaient tous les opposants à la percée islamique dans les Balkans : Polonais, Hongrois, Valaques, Moldaves, et même Albanais chrétiens du fourbe Skanderbeg.

Au terme de 3 jours de combat acharné, les forces croisées étaient décimées, la noblesse hongroise presque anéantie et les survivants en déroute : désormais, plus rien ni personne ne pourrait s’opposer à la prise de Constantinople, l’objectif obsédant des Ottomans depuis des décennies. Il s’agissait aussi, fait à souligner, de la première expérience du feu de celui qui cueillera les fruits de cette bataille et deviendra ‘al-Fatih’ 5 ans plus tard en prenant la capitale byzantine : Mehmet II, le fils de Murad II.

Un demi-siècle plus tôt, le 15 juin 1389, son illustre arrière-grand-père, Murad premier du nom, et son grand-père Bayezid avaient abattu, dans la même exacte plaine, la grande armée serbe réunie autour du fameux prince Lazare. Déjà, la première bataille du Kosovo avait été un tournant décisif dans la conquête islamique des Balkans : le choc, terrible, avait saigné à blanc les forces serbes, désormais incapables de résister au rouleau compresseur ottoman. Les janissaires, nouvelle armée professionnelle du sultan, s’y étaient révélés comme les guerriers les plus farouches d’Europe et Bayezid y avait gagné son surnom de “l’éclair” (Yildirim) en menant la foudroyante charge finale. Dans la foulée, tous les seigneurs de la région avaient dû lui prêter allégeance.

Ces deux événements fondateurs viennent ainsi rappeler l’importance historique et symbolique du Kosovo dans l’islamisation des Balkans – ce qui expliquera, entre autres, la furie des génocidaires Serbes à l’égard de sa population musulmane, des siècles plus tard. La région deviendra en effet, pendant près de 500 ans de règne ottoman, un bastion de l’islâm : à l’image des Bosniaques, les populations autochtones slaves et surtout albanaises s’y convertiront en masse dès le 16ème siècle, et à la suite de la ‘Mosquée du marché’, construite à Pristina dès 1393 par Bayezid pour commémorer la première bataille du Kosovo, vallées et collines du pays se garniront de dômes et de minarets au fil des décennies… Symbole de son importance, elle obtiendra même en 1877 le statut de ‘vilayet’ autonome de l’Empire, incluant également les régions musulmanes voisines de Novi Pazar et Üsküb (Skopje).

Et c’est précisément en raison de ce lourd passif historique que les Serbes chercheront à effacer le patrimoine islamique de la région, d’abord sous l’ère communiste en saisissant les biens waqf, puis sous la période nationaliste en brûlant ou rasant purement et simplement les mosquées, en particulier durant la guerre de 1998, avant qu’elles ne soient progressivement restaurées depuis l’indépendance.

A propos de l'auteur

Issâ AR-RÛMÎ
Issâ AR-RÛMÎ

Blogueur, fondateur du blog “Dar al-Murâbitîn” consacré à l’histoire et l’actualité à la lumière de l’Islam

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