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Le génocide oublié des Chams, musulmans du Cambodge

Si le drame des Rohingyas est aujourd’hui largement médiatisé, c’est dans le plus grand silence que le génocide des musulmans du Cambodge, les Chams, se déroula un peu plus à l’Est, il y a quelques décennies seulement, entre 1975 et 1979…

Sous la furie des infâmes Khmers rouges, ce sont plus de 100.000 membres de cette communauté – qui en compte alors 200.000 – qui vont être « systématiquement et méthodiquement visés et tués », ainsi que le décrit l’acte d’accusation contre les responsables du régime communiste lors de leur procès en 2007. À l’inverse des autres Cambodgiens, ils font l’objet d’une véritable volonté préméditée d’extermination, liée à l’islâm, que les marxistes voient comme un obstacle à leur projet délirant. Rien ne leur sera épargné : massacres de masse, exécution des imâms, destruction – ou transformation en porcheries – de la centaine de mosquées du pays, interdiction de tout signe extérieur d’islamité, séances de torture où ils sont forcés à manger du porc, Qur’âns et livres islamiques systématiquement brûlés.

Les Chams plient mais ne rompent pas : un survivant raconte que « les gens essayaient toutes sortes de subterfuges pour prier; parfois quand ils conduisaient une charrette à boeufs, parfois dans la jungle quand nous demandions d’aller faire nos besoins, parfois quand nous nous lavions ». Devenus musulmans au cours du 17ème siècle suite à la conversion de l’un de leurs rois, allié d’un sultan malais, les Chams sont aujourd’hui autour de 400.000 âmes, réparties entre le Cambodge et le Viet-Nam : surtout, suite à la chute du régime criminel des Khmers rouges, et bien que marginalisés économiquement, ils ont reconstruit leurs mosquées, ranimé leur identité et ouvert des madrasas pour y enseigner l’islâm aux nouvelles générations, tentant lentement de surmonter le traumatisme du génocide, ce renouveau islamique florissant s’accompagnant d’un renouveau des liens avec le reste de la Ummah.

Noyé dans le torrent des horreurs de Pol Pot et ses sbires (au total, deux millions de morts de famine, maladies et autres exécutions), le génocide des Chams sera longtemps ignoré du monde : il n’en reste pas moins l’un des exemples les plus marquants de la longue liste d’atrocités du communisme contre les musulmans… Et la renaissance islamique des Chams, l’une des plus belles expressions de la fameuse phrase d’ibn Kathir : « Celui qui cherche à s’en prendre à l’islâm est semblable à celui qui souffle sur le soleil pour tenter de l’éteindre. »

La mosquée Al-Serkal, la plus grande de la capitale Phnom Penh

A propos de l'auteur

Issâ AR-RÛMÎ
Issâ AR-RÛMÎ
Blogueur, fondateur du blog "Dar al-Murâbitîn" consacré à l'histoire et l'actualité à la lumière de l'Islam

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