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Le 6 août 1990, le Conseil de Sécurité de l’ONU votait l’infâme embargo contre l’Iraq

Le 6 août 1990, le Conseil de Sécurité de l’ONU votait l’un des pires crimes contre l’humanité de l’ère moderne : l’infâme embargo contre l’Iraq.

45 ans jour pour jour après le bombardement nucléaire d’Hiroshima, comme un symbole de l’ignominie de l’Amérique, se mettait ainsi en place l’infernale machine qui allait broyer le peuple irakien pendant plus d’une décennie, tuer un demi-million d’enfants et ramener au Moyen-Âge le pays qui était alors considéré comme la « Prusse du monde arabe ».

L’Iraq étant largement dépendant de ses exportations de pétrole, l’économie du pays s’effondre immédiatement : en seulement 6 ans, le PIB par habitant irakien est divisé par 8, et la monnaie perd presque toute valeur. Mais c’est surtout sur le plan sanitaire et humanitaire que les effets de l’embargo se font le plus durement ressentir : taux très élevés de malnutrition, manque de fournitures médicales, maladies liées à l’absence d’eau potable, coupures d’électricité quotidiennes sont rapidement signalés. En l’an 2000, après 10 ans de sanctions, près d’un enfant sur 2 souffre de diarrhées chroniques (la plus forte cause de mortalité infantile) et 60% de la population dépend du programme gouvernemental de rations alimentaires gratuites (1000 calories par personne et par jour, soit 40% de l’apport recommandé) pour survivre.

En 1998, le coordinateur des Nations Unies pour l’Iraq, l’Irlandais Denis Halliday, démissionne en proclamant : « Je ne veux pas avoir à administrer un programme qui répond en tout point à la définition de génocide. J’utilise le terme de génocide car il y a une volonté délibérée de détruire le peuple d’Iraq. » Son successeur, Hans van Sponeck, fera de même en parlant de « réelle tragédie humaine ». Car de génocide, toutes les preuves en sont réunies : plusieurs études, menées notamment par l’UNICEF, évoqueront le chiffre de 500.000 enfants morts des suites de l’embargo, ce que la criminelle de guerre Madeleine Albright commentera en affirmant que « le jeu en valait la chandelle » pour « en finir avec la tyrannie de Saddam Hussein ».

De même, le sénateur américain Tony Hall dressera ce triste portrait de l’Iraq sous embargo en 2000 : « Même si les sanctions étaient levées rapidement, les gens que j’ai rencontrés en Irak auraient un sombre avenir. Parce que leurs enfants sont dans un triste état; un sur 4 est mal nourri et un sur 10 dépérit, affamé ou malade. La principale cause de mortalité infantile, la diarrhée, est 11 fois plus répandue en Irak que partout ailleurs et la polio, qui avait été éradiquée du Moyen-Orient, est redevenue une plaie. Les écoles et le système d’assainissement sont ruinés; les hôpitaux manquent d’équipements et de médicaments de base. Les gens ordinaires ont épuisé leurs réserves et leur santé à essayer de survivre avec 2 à 6 dollars par mois… Il faudra attendre une génération avant que la population irakienne ne se relève. »

Une génération qui sera à nouveau annihilée suite à l’invasion américaine de 2003, amenant phosphore blanc, uranium appauvri et autres Abû Ghraib… Vengeance tribale suite au bombardement de Tel-Aviv par les Scud de Saddam, volonté de maintenir un épouvantail permettant de vendre des centaines de milliards de dollars d’armes aux voisins du Golfe, démonstration de force visant à effrayer les futurs opposants à la « Pax Americana » ? Probablement un peu de tout cela. Quoi qu’il en soit, le calvaire du peuple musulman d’Iraq restera comme l’un des plus grands crimes de ces dernières décennies.

A propos de l'auteur

Issâ AR-RÛMÎ
Issâ AR-RÛMÎ
Blogueur, fondateur du blog "Dar al-Murâbitîn" consacré à l'histoire et l'actualité à la lumière de l'Islam

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