L'expatriation au Royaume-Uni

Entre weshisme et din, le rap des indécis

Longtemps durant, nous avions eu à faire à des rappeurs – musulmans – faisant étalage de leur foi en certains de leurs textes. Entre deux pirouettes de styles et dénonciations, ils savaient prêcher tantôt pour leur paroisse et avancer une certaine islamosité. Des rappeurs « engagés », qui bien que faisant fi de ce qu’une certaine orthodoxie musulmane pouvait bien dire de la musique et du fait d’en gagner sa vie, savaient néanmoins nous servir une certaine cohérence. On aimaient s’en faire les critiques, mais à entendre ce qui se fait désormais, on aurait parfois presque envie de les regretter.

« Ta mère la sale p***, il est trop tard pour chahade »

En effet, à dorénavant en regarder et écouter certains de nos gangsters de studios islamisés, la donne a bien changée. Aujourd’hui, oui, on peut sans gêne aucune vanter le matériel, la violence et l’argent facile, s’afficher en compagnie de femmes sans peu de pudeur, insulter tout un chacun et en même temps, faire de répétées références à l’islam et au Coran. Ils sont suivis, aimés, adulés, même idolâtrés, et ils le savent. Mais lorsque l’on vient à leur demander si responsables ils se sentent auprès de ces derniers, la réponse est souvent la même : ce n’est pas leur problème. Ben non. Voyez-vous, ils ont l’assurance auto de leurs 4 voitures de sport à payer, un frigo à remplir de bouteilles de Moët et une Clio à la place du poignet à commander chez le bijoutier. Ils n’ont pas le temps!

« Le vendredi j’vais à la mosquée… le samedi soir j’peux être avec les mêmes personnes en boîtes, on peux finir le dimanche à l’hôtel b***** des meufs et c’est comme ça tu vois »

Qu’ils aiment à faire de la musique, en une époque où celle-ci est si facile, omniprésente et rémunératrice, certes, ce choix est le leur. Mais il serait appréciable qu’ils cessent de mélanger torchons et serviettes à la religion d’Allah. L’islam a déjà très mauvaise presse, inutile d’en rajouter ainsi. Leur trouver des excuses? On a beau parfois faire l’observation de la grandeur de leur médiocrité intellectuelle en leurs interviews ; mais comme dirait l’autre, si aucune cité n’a de barreaux, les bibliothèques, elles, n’en n’ont pas non plus. Les maisons d’Allah encore moins.

« Le Diable peux te tenter juste avec une somme, pour les plus co**** juste avec une pomme »

Et quel spectacle ridicule nous offrent-ils à chaque Ramadhan en s’affichant à se délecter de bricks au thon en boubou ou autre costume de musulman, via des vidéos diffusées sur leur page facebook… Ceci après une dernière fournée clipesque entourés de maghrébines en tenue légère et autres trafiquants de drogues et lettres faciles. Des fois, nous tombons carrément dans l’indécence folle. Que penser de ce rappeur se faisant arroser les mains par ses dames au fessier apparent avec de la vodka en guise d’ablutions..?

« n’te convertie pas à l’islam frère pour faire comme nous : juste après la prière, on remet nos cagoules »

Cherchant l’attention de tous afin d’exister et vendre leur « came », les idées entre 2 chaises, certains tentent maladroitement de faire ainsi côtoyer deux identités pourtant insolubles : celles du pieux prêcheur et de l’impie voyou. Commerçants d’émotions, schizophréniques artistes? Peut-être bien les deux à la fois… Mais point de peines perdues! Certain(e)s, à la surprise de tous, ont soudainement su prendre le pas sur leurs indécisions, passant, Allah soit loué, dans le rang des prieurs et discrets. Nous pensons à Fabe, Diam’s et Mysa notamment. Souhaitons qu’il en soit aussi ainsi pour leurs petits frères ici.

A propos de l'auteur

Renaud KLINGLER
Renaud KLINGLER
Blogueur, fondateur du site "Sarrazins", un webzine indépendant, crée en 2016, qui a pour vocation d’apporter un regard musulman sur l’actualité

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