L'expatriation au Royaume-Uni

Biographie de l’Imam Ahmad Ibn Hanbal

Né à Bagdad au cours du mois de Rabi Al-Awwal en 164 de l’hégire (780), l’Imam Ahmed est l’un des doctes les plus reconnus de l’histoire. Orphelin de père, c’est sa mère qui s’occupera de son éducation religieuse en l’envoyant parmi les plus savants de son temps. Très tôt, il gagnera en savoir auprès de l’Imâm Abû Yûsuf, élève d’Abu Hanifa et 1er Grand Qadi (juge) de l’histoire califale. On dit alors qu’il prenait note de tout ce qu’il entendait, et qu’en 4 ans, il avait accumulé l’équivalent de 4 malles de papiers. Toujours à fréquenter les cercles scientifiques, il se rendait auprès de tous les savants reconnus passant par la capitale du monde musulman d’alors.

Agé de 12 ans, la future référence de la Sunna était déjà sur la route à passer de centres d’études en centres d’études. On le vit à Basorah ou à Koufah comme le désert d’Arabie. Après de multiples savants rencontrés, il s’arrêta auprès de l’Imam Ash Shafii afin de se former à la jurisprudence. Un Imam qui le marqua à tel point qu’on raconte qu’il ne passa pas une nuit sans faire des invocations en sa faveur. Terminant son apprentissage du hadith au Yémen auprès d’Abd Ar-Razzâq Ibn Al-Humâm, l’auteur d’un recueil de hadiths portant son nom, il vivra en travaillant en ce temps en tant que copiste.

Ce n’est qu’en 204 de l’hégire (819), à l’âge de 40 ans que Ahmad Ibn Hanbal devint l’Imam que l’on connaît. Jusque là il s’était interdit toute émission de fatawa, ceci afin de suivre l’exemple du Prophète, paix et salut soient sur lui, qui ne reçut la Révélation qu’à cet âge. Des centaines de fidèles venaient ainsi en la mosquée de Bagdad où il avait pris pied. Ses élèves furent nombreux, mais à titres d’exemples, nous pouvons parmi eux citer Abu Bakr Al-Marwazi, et les 3 plus grands compilateurs de hadiths que furent Abu Dawud, Muslim et al Bukhari.

Devenu l’un des 4 grands Imams du fiqh, il ne consigna pourtant rien de lui-même. Il détestait même que l’on coucha sur papier ses avis. Son travail, nous le connaissons grâce à Abu Bakr Al-Khallal, élève du précédent Al-Marwazi, qui rédiga « Al Jami Al-Kabir », somme des avis et travaux de l’Imam. Mais plus que ses fatawas, c’est surtout pour sa méthode dans l’extraction des preuves en les Textes que l’Imam fut souvent suivi. Désormais, ce seront des centaines, et certaines des plus grandes sommités scientifiques, qui emprunteront son madhab, sa méthode, en vu de se faire spécialiste du fiqh. Les étudiants venaient même en son domicile. Entre autres récits, un jour, l’un d’eux dormant chez lui vu l’Imam Ahmed lui poser à ses côtés un peu d’eau. Ne s’étant pas levé pour prier la nuit, l’étudiant ne l’utilisa donc pas. Au moment de la prière matinale, l’Imam constata que l’eau n’avait pas bougé et en demanda la raison à l’étudiant. L’étudiant eu honte et garda le silence. L’imâm lui dit alors : « Soubhana Llah ! Soubhana Llah ! Je n’ai jamais entendu parler d’un étudiant dans le hadith qui ne se lève pas la nuit pour prier. »

L’Imam connu 4 califes successifs, allant de Al-Ma’mun à Al Mutawakkil. Des califes abbassides qui furent sous l’emprise, plus ou moins grande, des sectaires Mu’tazillites. Ces derniers avaient réussi à faire passer leur doctrine pour officielle, et s’étaient mis en tête de traquer les réfractaires. Refusant de débattre face aux inquisiteurs venus traiter de la nature d’Allah et du Coran, il fut mis sous fers et envoyé au Calife. Sur le chemin, après avoir invoqué la protection du Très Haut, tandis que d’autres captifs renièrent leurs positions, le Calife Al-Ma’mun mourut avant même qu’il n’arrive. Le frère du calife défunt reprenant le pouvoir, l’Imam Ahmed n’en fut pas moins relâché.

Deux ans et demi durant, il fut battu et torturé afin qu’il abjure la croyance authentique. On le pendit pas les pieds, le flagellant jusqu’à en perdre connaissance. Mais rien n’y fut, l’Imam se montra inflexible, et désormais, très seul. Ses élèves et juristes de Bagdad commencèrent tout de même à manifester leur colère. Campant devant la porte du calife, appelant à sa libération, l’Imam Ahmed retrouva la liberté. Le règne du calife fut court et sous celui du suivant, l’Imam Ahmed fut assigné à domicile, et permis de sortie que pour se rendre prier à la mosquée. Ce n’est que sous le règne d’Al Mutawakkil que la secte des Mu’tazilites fut évincée et déclarée illégale. Depuis, et jusqu’à la fin de ses jours, il repris ses activités et son poste d’enseignant à la mosquée.

Des 750 000, ou 1 millions dirons certains, hadiths étudiés dans toute sa vie, il en retiendra 40 000 qu’il fit consigner en son célèbre Musnad. Classé ensuite par son fils AbdAllah, ce recueil a pour particularité de contenir des hadiths aussi jugés faibles. En sa méthodologie, l’Imam Ahmed acceptait en effet, dans ce qui ne relevait pas des règles juridiques ou du dogme, les récits comportant des faiblesses dans leurs chaînes. Tant bien sûr, que ceux-ci n’entraient pas en contradiction avec un Texte authentique. Parmis ses autres ouvrages clés, nous pouvons aussi mentionner  »As Sunnah »,  »Az Zuhd » (l’ascétisme) ou encore  »Fada’il as Sahabah » (le mérite des compagnons).

Il rendra l’âme à Son Seigneur en 241 de l’hégire (855), à l’âge de 77 ans. Ibn Taymyyah relatera qu’en ce jour, 20 000 juifs et chrétiens embrassèrent l’Islam après sa prière mortuaire. Puisse le Dernier qui ne meurt pas lui accorder Sa miséricorde et le plus haut degré du Paradis.

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La Rédaction D&M
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