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Journées d’immersion en psychologie et éducation bienveillante à l’Institut D’Clic de Bobigny

L’Institut D’Clic situé à Bobigny organise trois journées d’immersion dans le monde de l’éducation, en particulier chez l’enfant et l’adolescent. La première journée qui se déroulera mercredi 12 avril aura pour thème « l’adolescent & la communication ». Entretien avec Ismahene LAIDAOUI, psychologue clinicienne spécialisée en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, prise en charge de l’autisme. Elle interviendra durant ces trois journées.

D&M : Mercredi vous aborderez le thème de la communication avec l’adolescent. En quelques mots comment décrire l’adolescence. Pourquoi avoir ciblé cette population?

Ismahene LAIDAOUI : L’adolescence est une période charnière qui peut s’avérer difficile pour l’adolescent lui-même ainsi que pour son entourage, quand je dis ça je n’ai besoin de convaincre personne je crois. C’est la période où la communication est la plus complexe car on demande à une personne de nous expliquer ce qui se passe pour elle alors que très souvent elle le découvre en même temps que nous. Il y a des épreuves psychiques et physiques qui peuvent être vécues comme faisant effraction, ce qui les rend angoissant c’est pour cela qu’il est nécessaire de mettre des mots. Même s’il n’y a pas de recette et que chaque adolescent est différent, il est important d’apprendre à établir une communication de qualité avec nos jeunes qui sont le baromètre de notre société.

D&M : Le système scolaire est de plus en plus critiqué et remis en cause dans la société. Samedi vous allez parler de l’épanouissement à l’école. Est-ce que l’école peut-être un lieu d’épanouissement? Doit-on forcément changer les méthodes d’apprentissage comme cela commence à se faire dans certains établissements privés?

Ismahene LAIDAOUI : Oui, L’école doit être un lieu d’épanouissement pour l’enfant. C’est le premier lieu où va se jouer sa vie sociale. L’enfant va devoir investir la dimension scolaire de manière positive non seulement pour acquérir un savoir mais aussi et surtout pour se construire en tant qu’individu en lien avec son environnement et ses paires. Un enfant qui se sent bien à l’école et qui a le goût de l’apprentissage est un enfant qui a une expérience scolaire réussie et cela quel que soit ses résultats et ses compétences.

L’école est la seule institution en France qui n’a jamais innové, c’est en effet très récent que certaines méthodes d’apprentissage dites alternatives qui nous viennent assez souvent des pays anglophones commencent à s’intégrer dans des établissements et faire évoluer la manière que nous avons d’appréhender l’enfant. Jusqu’à présent nous demandions à l’enfant de répondre à certains critères, nous l’évaluons, le notions et l’orientions en fonction de ses échecs et de ses réussites de façons à ce qu’il puisse ensuite intégrer le marché du travail. Il est plus que temps de mettre un peu plus de facteur humain dans l’opération et de placer l’enfant au centre de la réflexion. Nous avons besoin d’être plus créatif, de voir tout le potentiel que propose chaque enfant et de partir de celui-ci pour l’accompagner vers ce qu’il a envie de faire et comment il veut pouvoir contribuer à la société.

D&M : « L’inclusion du handicap dans les lieux d’apprentissage » est le thème de dimanche. Vous travaillez particulièrement avec des enfants autistes. Le handicap est-il « exclu » ou peu présent des lieux d’apprentissages actuellement? Quelles solutions mettre en place?

Ismahene LAIDAOUI : Les enfants en situation de handicap sont encore trop peu inclus dans les écoles et particulièrement les enfants autistes. Et c’est, il me semble la source de ce même manque de diversité dans la société. Il y a une exigence d’intégrer le handicap dans les entreprises alors que les responsables de ces mêmes entreprises pour la plupart ne l’ont jamais côtoyé.

Nous n’avons pas réglé la question du handicap à l’école malgré les différents aménagements proposés jusqu’à présents, nous fonctionnons toujours avec des pansements alors que nous avons besoin d’un médicament. Il faut de toute urgence soigner l’école ! Le problème est que nous regardons trop souvent l’enfant handicapé comme un déficient et jamais comme un individu qui peut aussi être le moteur d’un changement dont nous avons besoin. La place de l’enfant handicapé et de l’enfant autiste dont je parle particulièrement , car c’est aussi beaucoup ceux qui souffrent de cette discrimination, est aussi à l’école comme les autres enfants. Ils vont continuer à être autistes alors c’est à l’école de changer, car la diversité peut être un bien commun pas uniquement pour l’enfant qui est inclus mais pour l’ensemble des individus qui fréquentent l’établissement.

Les solutions sont multiples, mais avant tout il faut former les équipes éducatives, faire de la sensibilisation pédagogique auprès des enfants, créer des classes spécialisés autisme dans les structures. Il y a beaucoup à faire !

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La Rédaction D&M
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