Aux détracteurs des femmes voilées : « mourrez de votre rage »

Une semaine. C’est le temps qu’il a fallu pour voir la première polémique de l’année grégorienne sur « le voile » apparaître. Les huitres et coupelles de champagne à peine digérée, et voilà que les bonnes habitudes reprennent de plus belle…

Quelques minutes accordée à une jeune femme voilée, Attika Trabelsi, membre du collectif Lallab, sur une chaine dont elle doit probablement en payer les frais via sa redevance comme vous autres, auront suffit à voir toute la voilophobie de vos êtres se déployer sur les réseaux sociaux.

Un voile, un voile, et encore un voile. Tant ce tissu vous obsède et vous fascine, ni le propos, ni les points sensibles qu’elle put toucher, n’auront su trouver grâce ou intérêt à vos oreilles. Non, car si le voile qu’elle porte couvre bien ses cheveux, il semble encore plus efficacement couvrir vos oreilles, votre raison et votre cœur.

Car de raison, de cœur, comme d’élégance et de pondération dans vos propos vous semblez bien dépourvus.

Oui, vous, Sifaoui. Vous et votre mépris affiché de femmes que vous jugez, du haut de votre paternalisme condescendant, en retard sur celles que vous jugez (encore) être la norme. Oseriez-vous seulement traiter de « serpillère » le vêtement porté par Myriam (Marie), paix et salut soient sur elle, pourtant plus couverte que notre chère Attika, que bon nombre de catholiques adorent encore ? Oseriez-vous tenir ne serait-ce que le dixième de vos propos en direction de la communauté juive, et de certaines de ses femmes, aux cheveux tout aussi couverts…? Pour sûr que la lâcheté qui est la vôtre vous ferait défaut. Comment faites-vous seulement pour encore montrer votre visage après vos multiples mensonges journalistiques et les contre enquêtes menées à votre égard ? Si la voilophobie et l’islamologie de bas étage n’avait pas autant de succès dans ce pays, croyez-nous, vous ne seriez qu’un « bougnoule » de plus aux yeux de vos employeurs, qui n’ont que de dégout rien que pour le prénom que vous portez (très mal).

La récurrence de vos propos abjectes à l’égard des femmes musulmanes montre bien que de l’islam, vous n’avez plus grand chose, et que du machiste primitif, vous avez tout. La disparition du premier faisant inévitablement place, sous des formes diverses, au second.

Pauvre de vous.

Oui, vous encore, Gilles William Goldnadel. Pas assez occupé au titre d’avocat et de président de France Israël, non las d’avoir déjà pu étaler tout votre rejet de l’islam au nom d’un humanisme universel qui n’est que mythe ou ethnocentrisme blafard ; vous vous êtes sentis obligé de faire remarquer la non juste représentativité du service public ce soir-là. Sachez que si la télévision, d’habitude, en montre si peu, des femmes comme Attika, ce n’est nullement à cause de leur faible représentativité à l’échelle nationale, mais bien parce que la télévision, n’en est elle, qu’une mauvaise représentante. Elles sont, ces femmes voilées, des centaines de milliers dans les rues de « votre » pays. Nous ne parlons ici pas d’Israël mais bien de la France, ne nous méprenez surtout pas! Mais sont-t-elles seulement des femmes méritant leur place, ici, dans votre matrice totalisante, où particularismes et religiosité ne sont que de vilaines tares à éliminer ?

Tout aussi révélateur, c’est grâce à Harold Hauzy, le directeur de communication de Manuel Valls, que l’on su rapidement prendre connaissance du panel de tweets voilophobiques tenus à l’encontre d’Attika. Sans chercher à justifier si oui ou non, il cautionnait du coup les propos tenus sur la toile, le bougre, préféra enfoncer le clou ainsi :  »il ne faut pas inverser la charge. Le commencement serait peut-être de demander à ceux qui le penseraient d’expliquer en quoi le voile serait un symbole de la libération de la femme ».

Voyez-vous chers laïcistes, au lieu de constamment vous cacher derrière des élucubrations de ce genre, pourquoi ne pas plutôt chercher à remédier à ces incohérences qui sont les vôtres ?

En quoi un voile, un vêtement plus ample, un corps moins dénudé serait donc oppressant pour ces femmes ? En quoi vouloir moins en montrer que d’autres serait la preuve d’une quelconque forme d’asservissement dont la femme concernée en serait victime ? Victime de qui ? De ses sombres barbus ? N’ont-elles pas une conscience, une intelligence, une raison et une foi pouvant les amener à faire leurs propres choix, ou à souhaiter suivre un chemin différent du vôtre ? N’est ce pas là, une belle forme de machisme abêtissant que de constamment penser ces femmes incapables de prendre leurs propres décisions, parce que musulmanes et pudiques ? Quelle condescendance déplacée…

Le nu, le culte du corps, tel celui de vos pères spirituels gréco-romains, semble tant vous émoustiller que vous n’arrivez même plus à supporter que pudeur puisse se faire sous vos yeux. Fut pourtant une époque, et c’est encore le cas ici ou là, où l’humiliation du prisonnier, du vaincu, passait tout justement par sa mise à nu. L’on dénudait l’individu afin de la réduire à sa condition la plus basse et la plus vile. Etrange non ? Ou plutôt devrait-on parler dans votre cas de sadisme inavoué… ?

Mais est-seulement la pudeur de ces femmes qui vous gêne, ou la religion qu’elle laissent apparaître.. ? Cette religion visible, cohérente, entière, et salvatrice pour de plus en plus de convaincus. L’islam, cette religion gardant encore la tête haute face à ce laïcisme, cette religion nouvelle, que vous arborez sans gêne et pratiquez avec le zèle des plus fanatiques. Faisant fi des textes fondateurs de la République que vous érigez en véritable déesse, vous défendez une liberté d’expression, de culte et de conscience que vous refusez de voir échoir dans les mains de celles et ceux que vous ne pouvez plus voir en peinture.

Cette voilée, Attika Trabelsi, cette encore plus voilée, Diam’s, cette Wiam Berhouma (rappelez-vous du débat avec A. Finkelkraut) non-voilée, trois exemples télévisuels qui ont à chaque fois permis de révéler publiquement toute l’ampleur de ce racisme sous-jacent et hypocrite qui est le vôtre. Un racisme multi-générationnel, hérité de ces chantres du colonialisme et théoriciens racialistes d’alors, que vous n’avez que transformé afin de mieux passer entre les mailles des filets du politiquement correct. Mais passez du vernis sur une croûte, un piètre tableau restera un piètre tableau. Seul l’œil non-avisé n’y verra que du feu.

Le voile, l’arabité, l’islam, l’autre… Quelque soit le sujet de votre haine, il suffit à chaque fois d’un rien, ici la courte intervention d’une musulmane, répondant pourtant à certains codes vestimentaires très modernes, pour voir votre véritable visage se révéler. Mais au final, n’est-ce pas plus mal ainsi, vous n’en n’êtes ainsi que plus reconnaissables…

Article publié par Renaud KLINGLER dans Sarrazins

A propos de l'auteur

Renaud KLINGLER
Renaud KLINGLER
Blogueur, fondateur du site "Sarrazins", un webzine indépendant, crée en 2016, qui a pour vocation d’apporter un regard musulman sur l’actualité

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