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Quand le radicalisme laïque s’exporte

En Belgique, l’Etat se déclare neutre, tout en reconnaissant certaines religions et organisations non confessionnelles. Il participe au financement du culte ainsi que de l’organisation dans les écoles des cours des dites religions.

Une semi laïcité bien trop complaisante aux yeux de beaucoup, soucieux de copier le modèle, plus jusqu’en boutiste, français. Plus particulièrement depuis que Molenbeek devint capitale européenne du « jihadisme »…

Depuis, les laïques envahissent de plus en plus souvent les ondes et l’espace public, cherchant à faire plier l’opinion et les institutions en leur faveur.

Une laïcisation de la société s’accompagnant comme à l’accoutumée d’une série de débats et lois visant explicitement les femmes musulmanes voilées. Féministes où êtes-vous ?

Le Conseil de l’enseignement de la Région flamande avait déjà interdit en septembre 2009 le port du voile dans les écoles publiques. En vigueur à partir de 2010. La même année, les députés belges furent aussi les premiers à avoir voté, en Europe, à la quasi unanimité, des dispositions visant à interdire le port de tout vêtement masquant le visage, visant implicitement les femmes revêtant le niqab.

Tout au long de l’année 2016 fut discuté la possibilité de restreindre la possibilité aux femmes musulmanes voilées de travailler. L’Etat belge avait même délégué un avocat à la Cour de justice européenne, qui avait justifiée, elle, le licenciement d’une salariée voilée l’année précédente, en vue de faire annuler la décision.

Grosse claque du côté des laïques. L’Etat interdit bien à ses fonctionnaires de se vêtir d’un tel vêtement, pourquoi pas dans toutes les sphères professionnelles..?

Au moins, l »Etat belge a la descence et la brillance d’esprit de considérer, dans ses textes même, la laïcité comme un culte, une religion comme les autres. Oui, en Belgique, les laïcs peuvent se reconnaître en une « laïcité organisée », regroupant « l’ensemble des associations et organismes qui – sur base d’une philosophie généralement athée ou agnostique – regroupent des individus ne se réclamant d’aucune religion. Dans ce sens, un « laïque » est quelqu’un qui souscrit au principe du « libre examen », c’est-à-dire au rejet de toute vérité révélée ou dogme. » (source Wikipedia)

Si les laïcistes français avaient cette même brillance d’esprit, cela éviterait de nombreux quiproquos. Eux se défendant d’un idéal laïque qui ne serait que neutralité et rationalisme égalitaire, mais surtout pas de faire preuve d’une religiosité.

Dans ce vent laïciste qui s’empare de la Belgique, certains se font déjà largement remarqués.

C’est le cas de l’échevin de l’Etat-civil bruxellois Alain Courtois. Lors d’un récent mariage organisé à l’Hôtel de Ville, ce dernier ira jusqu’à faire annuler la célébration pour ne pas avoir pu serrer la main de la future – pas encore – mariée.

Depuis son arrivée, Alain Courtois a en fait, depuis 2013, annulé huit célébration pour ce même motif…

« Quand un couple arrive pour se marier à la Ville de Bruxelles, je les accueille, en politesse élémentaire (…) Je tends la main vers les deux futurs mariés. Si on me dit qu’on ne me sert pas la main pour des motifs religieux, j’explique alors que je ne suis pas en état de marier le couple. C’est aussi simple que cela. Il existe dans notre pays le respect élémentaire des personnes. J’estime donc qu’à l’Hôtel de Ville, la religion n’a pas sa place. Le mariage est un acte laïc, point à la ligne. Le moindre respect est de serrer la main aux gens. Les femmes se sont battues pendant des siècles pour obtenir un certain nombre de droits. Ce n’est donc pas le moment de lâcher sur cette question. » a-t-il lancé à RTBF.

Le bougre parle de respect et fait annuler une célébration que des familles ont parfois attendues des années, gâchant ce qui pour certain(e)s aurait pu être la plus belle journée de leur vie.

« Le mariage est un acte laïc, point à la ligne ». Ah… Nous pensions que l’institution avait été religieuse depuis que les hommes et femmes eurent l’idée de s’unir…

Sur la légalité de ce refus, Alain Courtois avoue .  »ignorer si c’est légal. Mais moi j’exprime toujours que dans ces circonstances, je ne suis pas en état de marier le couple. » C’est vrai que la loi, les plus radicaux des laïcistes nous avaient habitués à s’en grater le dos en France, terre mère de la laïcité.. Pourquoi pas en Belgique.

Mais dans tout cela, l’échevin insiste :  »aucun extrémisme laïque, pas du tout! ».

L’article ci-dessus stipule que la ville de Bruxelles avait déjà licencié un musulman qui se serait lui, radicalisé. Il avait commis le crime de lèse majesté de ne pas avoir serré la main de l’échevine de la culture Karine Lalieux.

Ça nous rappelle d’ailleurs l’épisode Sihamedi Idriss et son devoir d’explication suite à son non serrage de main. Ça lui avait valu le qualificatif d’ennemi de la République et des semaines d’articles. Ça nous en rappelle d’autres, et un quotidien fait d’esquives et explications pour bon nombre de celles et ceux soucieux de faire perdurer une sunnah des, jusqu’ici, plus simples…

Qu’ils n’aillent surtout pas au Japon ou dans tous ces pays où serrages de main ne sont pas de mise.. Ils risqueraient la syncope!

Article publié par Renaud KLINGLER dans Sarrazins

A propos de l'auteur

Renaud KLINGLER
Renaud KLINGLER
Blogueur, fondateur du site "Sarrazins", un webzine indépendant, crée en 2016, qui a pour vocation d’apporter un regard musulman sur l’actualité

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