L'expatriation au Royaume-Uni

ICH BIN EIN ARABER – أنا عربي

Voici un très bel article de notre éditorialiste David Bizet … Vous pouvez visiter son blog à l’adresse suivante : https://davidbizet.wordpress.com

ICH BIN EIN ARABER – أنا عربي

Cet article est pour vous, les sarrazins d’un autre âge, vous les sauvages mahométans d’il n’y a pas si longtemps, vous les bougnoules d’avant hier, vous les “français d’origine maghrébine” de la veille, vous les “français de la diversité” d’aujourd’hui. A vous qui ne serez jamais totalement français tellement la France est ingrate, à vous les éternels Roms de France dont le pays d’origine ne rentrera jamais dans l’Union Européenne.

En tant que Blanc, fils de Blancs et petit-fils de Blancs, je voulais vous faire passer ce message : n’essayez pas de vous intégrer au détriment de votre culture ou de plaire à ceux qui ont colonisé vos pays par le passé, détruisant les liens familiaux, exterminant vos savants et pillant les récoltes au passage. Ils ne le méritent pas. Restez tels que vous êtes, soyez fiers de ce que vous êtes.

Soyez fiers parce que certains de vos grands-parents ont libéré le pays du nazisme pendant que l’immense majorité des français “de souche” baissaient leur pantalon. Soyez fiers parce que vos parents ont sué et on souffert pour construire des autoroutes et accomplir toutes sortes de tâches ingrates peu rémunérées que la plupart des français “de souche” ne voulaient pas faire. Soyez fiers de votre parcourt.

Ce parcours commence après la guerre quand le colon libéré a besoin d’une main d’oeuvre bon marché pour reconstruire son pays ravagé par ceux avec qui il a collaboré. Vos parents arrivent et on vous a concentré dans des zoos à ciel ouvert, qu’on appela pudiquement des ZUP, qui devinrent toutes sortes de lettres pour feindre de s’occuper de vous…

Des ZEP d’abord, pour que des profs inexpérimentés et/ou peu motivés soient rémunérés à vous prendre, tout emprunt de paternalisme qu’ils furent, de haut en vous vantant les valeurs d’une république bananière si lumineuse qu’elle en avait exploité vos parents et que vous deviez dire merci… un échec scolaire programmé ou le français “de souche” se permettait même de s’offusquer des sommes dépensées pour leur mise en place.

Des ZUS ensuite, où des “français de souche” se plaignaient des résultats de l’échec scolaire déclenché par les siens mais qui par manque de clairvoyance, de culture surtout, vous imputait la faute, vous et votre culture couscous-tchador-fête du mouton. Dans ces Zones Urbaines Sensibles, d’autres “français de souche” engagés dans la police nationale pouvaient sortir avec la légitimité du pouvoir calmer vos frustrations converties en une délinquance compréhensible faute de repères, et, quand vous vous retrouviez dans l’impossibilité de trouver du travail et que vous recherchiez quelque subsistance d’une manière illégale, ils vous firent payer ce qu’ils ne firent jamais payer aux bandits français “de souche” à “cols blancs” . Le tout sur un fond de Liberté, d’Egalité et de Fraternité… Concepts qu’ils vidèrent de sens de manière systématique à votre endroit, l’art de l’incohérence à son apothéose à une époque si emprunte de “social”.

Puis, ces français “de souche” finirent par comprendre qu’il vous fallait du travail et mirent en place des ZFU, qui servirent rapidement de boite aux lettres aux entreprises soucieuses de ne pas payer d’impôts et d’aubaine pour toutes celles qui n’embauchèrent jamais de jeunes des quartiers, ou alors que très peu.

Les années passèrent et vous deveniez mûrs, assez pour rester solidaire et faire bloc face aux mauvaises volontés. Régulièrement, vous étiez mis à l’épreuve par des éléments nuisibles de la société et pendant l’automne 2005 vous faisiez savoir au monde votre colère, on vola alors votre révolte pour la transformer en “émeute”. Mais, les héritiers politiques de ceux qui vous ont parqué ont bien compris que vous aviez appris à survivre ensemble. Toujours au nom de la République, ils agitèrent une fois de plus l’épouvantail, arguant que la République ne pouvait pas passer dans vos “territoires”. Pour casser cette solidarité, au nom du Renouvellement Urbain et de la lutte contre la délinquance, on cassa vos repères géographiques, en vous dispersant par-ci par-là, le tout soigneusement aménagé par des entreprises aux liens plus qu’étroits avec les élus et habilement maquillés idéologiquement que ça en devenait presque crédible. Un peu comme quand Napoléon III fit casser ces vieux quartiers de Paris d’où naquirent les Révolutions, dans le but d’éviter les révoltes, en faisant de grands boulevards au nom de l’attractivité de la bourgeoisie. Autre époque mais même principe, diviser pour mieux régner. 1789-2005, même combat.

Quand durant toutes ces années vous disiez haut et fort ce que vous étiez en droit de dire, des politiciens vinrent vous faire la leçon, vous expliquer que la France, on l’aime ou on la quitte. Ils disaient à qui veut l’entendre que le problème c’était vous, que vous n’arriviez pas à vous intégrer. Intégration… désintégration… fragile frontière que trois lettres séparent. Le ridicule ne tue pas et ceux là même qui créèrent vos frustrations et revendications se crurent en droit de vous considérer comme de mauvais français, appelant à la rescousse ce que les médias, nouveaux chiens de garde du système, appelaient au grand damne des profanes des intellectuels.

Puis, quand d’année en année vous vous émancipiez de la bien-pensance des salons parisiens, et revendiquiez au nom de la sacro-sainte République que vos détracteurs mettent tant en avant l’application de vos libertés fondamentales, notamment la liberté de conscience et la liberté de religion, vous déclenchiez alors l’hystérie collective en Terre de France. Le retour à votre religion que la République avait combattu moins d’un siècle auparavant, attira sur vous nombres de foudres qui frappèrent au même endroit. Des conservateurs d’une part qui ne voulaient pas voire s’ériger en France, fille ainée de l’Eglise, des mosquées et autres pratiques sarrasines héritées du moyen-âge. Des laïcards d’autre part pour qui le combat contre toute religiosité est un dogme. Les deux étant aidés par les médias, toujours à l’affût de ce nouveau sujet en vogue. Même les idéalistes de gauche si enclin à combattre le racisme dévoilaient leur vraie face. Ils ne supportèrent pas que la conjonction de votre gniaque forgée dans le béton avec vos valeurs ait donné comme fruit des idées novatrices pour faire avancer la société. Encore une fois, vous furent pris de haut, non plus pour votre couleur ou votre prénom, mais pour cette mentalité teinté de votre culture d’origine que notre chauvinisme intellectuel ne sut concevoir. Le problème de l’arabe devint le problème musulman.

Ce fut mine de rien une avancée qui eut plusieurs répercussions dont une que j’aimerais souligner particulièrement : le discernement entre ceux qui restent ce qu’ils sont et les “vendus”. Les “vendus”, ce sont ceux qui se perdirent en route, pensant, à tord, qu’en devenant l’un des leurs, en adoptant leurs coutumes alcoolisées ils gagneraient en respectabilité. Ce fut peine perdue, car malgré cela ils ne furent jamais adoptés comme français, doivent toujours se justifier de leur “intégration” et subissent encore le racisme, même si la plupart fait encore semblant d’ignorer cette réalité…

Malgré toutes les tentatives, ceux qui se sont battus pour rester ce qu’ils sont ont quand même percé : certains devinrent professeurs, d’autres avocats, même si la plupart était sans diplôme ils étaient des personne valeureuses, droites. Mais là encore, si vous réussissiez c’était la réussite de la République, pas la vôtre. Cette République par laquelle tous ceux qui vous ont craché dessus jurent tous, incapable de vous considérer autrement que différents car issus d’une terre extra-européene, à la culture aux antipodes du monde judéo-chrétien d’essence gréco-romaine, vous les néo-barbares d’une Nouvelle-Rome en pleine décadence. Même l’Empire Romain était moins arabophobe qu’elle. D’ailleurs ces pseudos-républicains qui ont emprunté le concept de République à Rome savent ils seulement que le modèle étatique qu’ils combattent (l’Empire) a mis à sa tête un Arabe ?

Je ne suis pas “français de souche”, je suis blanc. Je n’ai pas eu à souffrir ce que vous avez souffert mais je compatis, j’ai grandi avec vous, je sais ce que c’est, je sais ce que vous avez vécu. En entrant dans votre religion je suis entré dans la peau d’un apatride. Comme Benzema, je ne chante pas la Marseillaise et je l’assume, je suis dans la même galère que vous : Ich bin ein Araber, ich bin ein Muslim.

David Bizet

A propos de l'auteur

David BIZET
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