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Pau – Les tags retrouvés sur la mosquée étaient l’œuvre de l’imam

Nous vous en parlions dans un article du 30 octobre. Des tags en arabe avaient été découverts sur les murs de la mosquée de Pau. Finalement, ce n’était pas un acte islamophobe mais un geste lié à un conflit personnel entre l’Imam, auteur des tags et un fidèle de la mosquée. Un acte inacceptable qui ne peut être justifié. À noter le grand engouement médiatique pour cette affaire. Tous les journaux locaux et nationaux s’y sont intéressés, bien plus que lorsque les inscriptions “mort aux musulmans” et “vive le FN” ont été taguées sur les mosquées de Besançon.

Mosquée de Pau profanée

ARTICLE DU QUOTIDIEN SUD OUEST

Le religieux s’est dénoncé mercredi à la police en expliquant son geste par un conflit de personnes. Une attitude qui pourrait trahir l’isolement de l’imam dans la communauté.

Jeudi, à l’heure de la prière du soir, la plupart des fidèles de la mosquée de Pau affichaient leur stupeur et leur incompréhension devant la nouvelle du jour. Les tags découverts sur les murs de la mosquée le 28 octobre étaient l’œuvre de l’imam. C’est lui-même qui s’est dénoncé à la police mercredi.

«Bien sûr, ça surprend, explique Karim à son arrivée à la mosquée. Un imam, c’est quelqu’un qui donne l’exemple.» Un autre fidèle quelques minutes plus tard : «Il a de bons discours, il est très précis sur la religion, c’est quelqu’un d’exemplaire. Tout le monde a du mal à comprendre. Je ne peux pas l’expliquer.»

L’imam s’est expliqué. Il fait état d’un conflit personnel avec l’un des fidèles et laisse entendre qu’il aurait aimé que celui-ci soit soupçonné. D’après nos informations, un incident s’est en effet produit pendant l’un des prêches du religieux marocain. Un fidèle s’en serait verbalement pris à lui. Les tags sont intervenus quelques jours plus tard.

Mais cette simple altercation ne suffit peut-être pas à expliquer la détérioration qui vaut à l’imam une convocation en audience de plaider coupable le 8 janvier prochain. «Lui, il dit que c’est un conflit avec une personne mais ce n’est pas une raison pour se comporter comme cela», commente Hassan (Le prénom a été modifié, Ndlr), un autre habitué de la mosquée.

«Depuis plusieurs mois, la majorité de la communauté ne l’accepte plus parce que c’est un arabophone et que la plupart des jeunes souhaitent un imam francophone. Ils ont du mal à tout comprendre du sermon du vendredi.»

Sans préciser la teneur langagière du problème, d’autres fidèles évoquent une césure entre les anciens, essentiellement les premières générations de Marocains arrivés à Pau, et les plus jeunes. «Il y a des gens qui ont des idées, et certains qui en ont d’autres », philosophe par exemple un fidèle sous couvert d’anonymat.

Originaire du Maroc, l’imam n’officie plus depuis quelques jours. Si bien que certains membres de la communauté étaient déjà au courant de l’identité du tagueur avant même la révélation de mercredi après-midi.

Du côté de l’association de la mosquée de Pau, qui est à l’origine de la plainte pour détérioration, personne ne souhaitait commenter la nouvelle jeudi soir. Un bureau doit se réunir prochainement pour évoquer le sort de l’imam, salarié de l’association.

Ce silence prudent s’explique peut-être par le rapport que la direction de la mosquée entretenait elle aussi avec le religieux. Un fin connaisseur de la communauté musulmane locale indique que la relation entre l’association et l’imam s’était considérablement refroidie. «Mais cela semble n’avoir rien à voir avec les faits», précise-t-il dans la foulée.

Forts marris d’une telle publicité, beaucoup de ceux qui se rendaient à la prière de Isha jeudi soir ont refusé de commenter le geste de l’imam. «On ne fait pas de politique ici, répond par exemple Sahi. Nous, tout ce qu’on veut dire c’est qu’on a besoin de nouvelles mosquées. À Saragosse, pour les musulmans de Gan, de Jurançon, de Lescar… C’est ça qu’il faut dire.»

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La Rédaction D&M
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