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Amiens – Un rassemblement controversé devant la future grande mosquée

Le Parti de la France, mouvement d’extrême droite, appelle à une manifestationdevant le terrain qui accueillera la grande mosquée. Le préfet pourrait l’interdire.

mosquée el feth

L’affiche a été diffusée via internet et les réseaux sociaux : le 16 novembre, à 10 h 30, le parti de la France, placé à l’extrême droite de l’échiquier politique, appelle à un rassemblement boulevard de Roubaix, devant le terrain où doit être érigée la future grande mosquée d’Amiens-nord.

Le parti présidé par l’ancien député européen Carl Lang (ex-Front national) et dont le secrétaire général est le Picard Thomas Joly, a déclaré ce rassemblement en préfecture, comme la loi l’y oblige. Charge au préfet désormais de déterminer si la manifestation constitue ou non un risque de troubles à l’ordre public. Si tel est le cas, il serait en mesure d’interdire la tenue de ce rassemblement.

Le droit de manifester est un droit déclaratif (article L.211-1 du code de la sécurité intérieure). Toutefois, l’article L. 211-4 du code de la sécurité intérieure dispose que «si l’autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l’ordre public, elle l’interdit par un arrêté qu’elle notifie immédiatement aux signataires de la déclaration au domicile élu».

De prime abord, il est difficile de ne pas voir dans l’action amiénoise une provocation. Mais Thomas Joly rebondit : « La provocation, c’est de construire une mosquée dans un quartier où la délinquance est insupportable.»

UN RASSEMBLEMENT DÉJÀ INTERDIT L’AN DERNIER

Le Parti de la France n’en est pas à son coup d’essai : l’an dernier, Thomas Joly, accompagné d’Yvan Bénédetti et Alexandre Gabriac (les leaders des Jeunesses nationalistes et de l’Œuvre française, deux groupuscules dissous par décret du ministère de l’Intérieur en date du 24 juillet) devaient tenir une conférence de presse devant l’école Voltaire, incendiée durant les émeutes de l’été dernier à Amiens-nord. Un arrêté préfectoral les en avait empêchés. « Trois citoyens ont été purement et simplement interdits de circuler librement sur le territoire national, comme aux pires heures du soviétisme liberticide», assène Thomas Joly.

Le préfet de Région Jean-François Cordet, avait alors estimé que ce rassemblement à cet endroit précis constituait un risque de trouble à l’ordre public et avait ainsi motivé l’arrêté préfectoral d’interdiction.

Bis repetita un an plus tard ? Interrogée, la préfecture indique qu’elle a «invité l’organisateur, par courriers du 21 et du 29 octobre, à se rapprocher du Service départemental de l’information générale (SDIG) afin de poursuivre un dialogue contradictoire et, à l’issue, d’en tirer toutes les conséquences.»

Le «dialogue contradictoire» pourrait constituer à dissuader le Parti de la France de tenir ce rassemblement dans un quartier classé Zone de sécurité prioritaire (ZSP). Mais pour Thomas Joly, Amiens-nord est «symbolique».

Le secrétaire général du Parti de la France affirme attendre «plusieurs centaines de participants» pour un rendez-vous qui a «pris une dimension nationale», selon lui.

VOLONTÉ D’APAISEMENT DU CÔTÉ DE L’ASSOCIATION MUSULMANE

En attendant, Ali Sakri, secrétaire de l’Association culturelle et cultuelle des musulmans de Picardie (ACCMP), chargée de la construction de la grande mosquée, «ne veut pas polémiquer». «Nous nous sommes réunis pour en discuter, assure-t-il seulement. Si c’est annulé, c’est annulé et ce sera très bien comme ça ; si cette manifestation doit se tenir nous aurons notre façon de réagir, mais nous n’en dirons pas plus.»

Source : courrier-picard.fr

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La Rédaction D&M
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